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En direct des laboratoires

 

2 avril 2012

Comment la moule zébrée se fait exploiter par deux parasites

 

La plupart des bivalves servent d'hôtes à des parasites mais on sait peu de choses sur leurs interactions, surtout pour les bivalves sans intérêt économique. Dans une étude publiée par PLoS ONE, une équipe française comprenant deux chercheuses du Laboratoire des Interactions Ecotoxicologie, Biodiversité, Ecosystèmes – LIEBE (CNRS / Université de Metz) vient de lever le voile sur la manière dont deux vers trématodes exploitent les ressources de leur hôte, la moule zébrée.

 

Provenant du bassin de la mer Caspienne, la moule zébrée, Dreissena polymorpha, a gagné l'Europe et l'Amérique du Nord. Ce bivalve d'eau douce constitue un hôte intermédiaire pour de nombreux parasites, dont deux vers trématodes, Phyllodistomum folium et Bucephalus polymorphus, qui infectent respectivement ses branchies et ses gonades. Beaucoup de zones d’ombre subsistent sur les perturbations physiologiques subies par l’hôte parasité et les stratégies utilisées par les parasites pour l’exploiter sans le tuer.  L’étude publiée par PLoS ONE éclaircit ce point et montre qu'en infectant des organes différents, ces parasites induisent des perturbations physiologiques différentes.


Ainsi, le premier, P. folium, adopte une stratégie d’exploitation de la moule zébrée sur le court terme, qui peut être définie comme « virulente » et dépend du sexe de l'hôte. Chez les mâles, on constate notamment un métabolisme ralenti alors que les femelles se défendent mieux. Celles-ci investissent les ressources énergétiques qu'il leur reste dans la reproduction plutôt que dans la croissance. Les mâles adoptent la stratégie inverse, comme s'ils reportaient la reproduction à des jours meilleurs et préféraient d'abord grandir pour survivre à l'infection. La seconde espèce de trématode, B. polymorphus, est plus « prudente » et moins violente avec son hôte, qu'elle exploite sur le long terme en utilisant les réserves qu'il alloue à la reproduction et en le rendant de facto stérile.


Même si la moule zébrée est une espèce invasive, elle n'en constitue pas moins une sentinelle environnementale par son mode de vie sédentaire et par la bioaccumulation de produits chimiques polluants que ce filtreur d'eau réalise. Il est donc important de bien connaître l'impact qu'exercent sur elle les parasites afin que les écotoxicologues ne le confondent pas avec l'effet d'une pollution environnementale.

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Moules

La moule zébrée est une espèce invasive originaire du bassin de la mer Caspienne
© Michel Ribette

 

Référence : Different Host Exploitation Strategies in Two Zebra Mussel-Trematode Systems : Adjustments of Host Life History Traits, PLoS ONE, Laëtitia Minguez, Thierry Buronfosse & Laure Giambérini.

 

Contacts chercheurs :

Laure Giambérini, Laboratoire des interactions écotoxicologie, biodiversité, écosystèmes (Liebe, UMR 7146 CNRS / Université de Lorraine), Campus Bridoux, rue du général Delestraint 57070 Metz. Tél. : 03 87 37 84 15. E-mail : laure.giamberini@univ-lorraine.fr

Laëtitia Minguez, laetitia-minguez@hotmail.fr

 

Contact communication :
Céline DELALEX- BINDNER - Service de la communication Délégation Centre-Est  - celine.delalex@dr6.cnrs.fr

 

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