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En direct des laboratoires

 

11 septembre 2012

Quand le climat favorise l'émergence d'innovations culturelles

 

L'existence de pratiques culturelles complexes dans des groupes de chasseurs-cueilleurs pose d'intéressantes questions sur les raisons qui en favorisent l'apparition. Une étude publiée par les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), à laquelle a participé un chercheur de l'Institut des sciences de l'évolution de Montpellier (CNRS/Université Montpellier 2/IRD), vient de montrer qu'il y a 7 000 ans dans le désert de l'Atacama, une période climatique relativement humide a pu déclencher le développement d’une culture complexe incluant les plus anciens exemples connus de momification rituelle.

 

momie

Une momie chinchorro « rouge » d’environ 4 500 ans. Le corps a été éviscéré et peint avec de l’ocre rouge. Il porte une sorte de masque et une perruque composée de cheveux humains ©B. Arriaza

 

 

Dans ce qui est l'actuel Chili, des bandes de chasseurs-cueilleurs ont vécu le long de la côte de l’Atacama de 11 000 à 500 av. J.-C. Le peuple chinchorro n'a cependant commencé la momification artificielle de ses morts que vers 5 000 av. J.-C. Pour découvrir le déclencheur de cette pratique, les auteurs de l'étude franco-chilienne publiée par les PNAS ont eu recours à des données paléo-climatiques et à des modélisations de populations.

 

Leur analyse suggère le scénario suivant. Les Chinchorros ont tout d'abord été habitués à retrouver leurs défunts sous forme de momies, l’extrême aridité du désert de l'Atacama défavorisant en effet la décomposition des corps et conduisant à leur momification naturelle avec le temps. La momification artificielle est quant à elle apparue durant une période où l'eau douce était disponible en plus grande quantité le long de la côte Pacifique et où les ressources marines étaient plus abondantes. Cette amélioration des conditions environnementales a causé une augmentation de la population et donné un coup de fouet à l'émergence d'innovations culturelles. Les chercheurs émettent l'hypothèse que, dans ce contexte, l'augmentation des contacts entre les Chinchorros et les momies naturelles éparpillées çà et là dans le désert a créé les conditions favorables pour que les vivants manipulent les morts et inventent des pratiques funéraires complexes. Au fil des millénaires, les Chinchorros ont ainsi mis au point plusieurs techniques de momification dont celle dite des momies noires, qui passait par le démembrement et le réassemblage du corps après traitement, et celle dite des momies rouges où l'on éviscérait les cadavres grâce à des incisions.

 

Cette étude souligne donc à la fois l’importance des conditions environnementales et des facteurs démographiques dans les innovations technologiques et idéologiques.

 

 

Référence

Emergence of social complexity among coastal hunter-gatherers in the Atacama Desert of northern Chile, Proceedings of the National Academy of Sciences, Pablo A. Marquet, Calogero M. Santoro, Claudio Latorre, Vivien G. Standen, Sebastián R. Abades, Marcelo M. Rivadeneira, Bernardo Arriaza & Michael E. Hochberg.

 

Contact chercheur

Michael Hochberg, Institut des sciences de l’évolution de Montpellier (UMR 5554 CNRS / IRD / Université de Montpellier-2), Université de Montpellier-2, place Eugène Bataillon 34095 Montpellier Cedex 5. Tél. : 04 67 14 36 67. E-mail : mhochber@univ-montp2.fr

 

Contact presse

Service communication CNRS Délégation Languedoc-Roussillon - com@dr13.cnrs.fr

 

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