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En direct des laboratoires
30 mai 2008Reconstitution de la végétation et du climat en Iran sur 200 000 ansPour la première fois au Proche-Orient une séquence sédimentaire lacustre couvrant 200 000 ans a été découverte. Son analyse a permis de reconstituer les changements environnementaux intervenus dans cette zone, éléments essentiels pour comprendre les variations de la dynamique climatique régionale, quasiment inconnues jusqu’ici. Cette étude, à laquelle ont participé des chercheurs de l’Institut Méditerranée d’Ecologie et de Paléoécologie (CNRS/Université Paul Cézanne Aix-Marseille), a été publiée en ligne le 29 avril dernier dans la revue Quaternary Research (1).Dans la perspective d'un inexorable changement climatique, l'évaluation de la biodiversité actuelle, des modalités de sa mise en place et des changements qui l'ont affectée au cours du Quaternaire sont devenus des objectifs prioritaires pour les chercheurs en paléoécologie. Il arrive ainsi que l'étude des archives du passé, en particulier l'analyse pollinique de longues séquences sédimentaires lacustres, permet non seulement de dévoiler le passé de la végétation mais aussi de détecter la présence probable d'espèces végétales cryptiques ou cachées (2). Dans le cadre d'une collaboration franco-iranienne – Programme Gundishapour - une équipe de l'Institut Méditerranéen d'Ecologie et de Paléoécologie (CNRS/Université Paul-Cézanne) s'est associée depuis quelques années à l'Université de Téhéran et à l'Iranian National Center for Oceanography (INCO) pour reconstituer l'histoire de la végétation et du climat dans ce pays. Cette étude montre que les événements globaux au cours des derniers cycles climatiques ont aussi bien influencé le Proche-Orient que l’Europe. Par ailleurs, les scientifiques ont identifié à différents niveaux de la séquence sédimentaire des spores d’une hépatique Riella. (2) Espèces dont on aurait la preuve qu’elles existent à l’heure actuelle, via des spores retrouvées dans le sédiment récent par exemple, mais dont la présence n’aurait pas encore été constatée visuellement.
Restes d'un ponton en bois sur le lac Urmia en Iran témoignant de l baisse du niveau d'eau. © Madjid Shah-Hossein / INCO
Spore d’une espèce d’hépatique Riella vue au microscope. © Morteza Djamali / IMEP - CNRS
Références :(1) Morteza Djamali, Jacques-Louis de Beaulieu, Madjid Shah-hosseini, Valérie Andrieu-Ponel, Philippe Ponel, Abdolhossein Amini, Hossein Akhani, Suzanne A.G. Leroy, Lora Stevens, Hamid Lahijani and Simon Brewer, « A late Pleistocene long pollen record from Lake Urmia, NW Iran », Quaternary Research, Volume 69, Issue 3, May 2008, Pages 413-420.
Contact chercheur :Institut méditerranéen d'écologie et de paléoécologie (IMEP), UMR 6116 Contact Communication :Département Environnement et développement durable (EDD) du CNRS
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