CNRS : Centre National de la Recherche Scientifique
Liens utiles CNRSLe CNRSAnnuairesMots-Clefs du CNRSAutres sites
Accueil  Environnement et développement durable - Centre National de la recherche scientifiqueAccueil  Institut écologie et développement - Centre National de la recherche scientifique
  Accueil > Espace communication > En direct des laboratoires

sur ce site :

En direct des laboratoires

 

02 avril 2013

Gros cerveau et petite face : deux caractéristiques fortement corrélées de l’être humain

 

L’accroissement du volume cérébral - caractérisé par la flexion de la base du crâne -, et le raccourcissement de la face sont deux tendances importantes observées au cours de l’histoire évolutive des humains. Pour la première fois, un jeune thésard de l’Institut de paléoprimatologie, paléontologie humaine : évolution et paléoenvironnements - IPHEP (CNRS/Université de Poitiers), vient de montrer que ces deux caractéristiques étaient fortement corrélées et variaient selon un même coefficient.

 

Coupes sagittales d’un crâne humain et d’un crâne de chimpanzé. Les traits rouges représentent l’angle (flexion) du basicrâne. L’article paru dans PLOS One montre l’influence prépondérante de l’importante flexion du basicrâne des humains modernes dans la mise en place d’une face courte et peu projetée vers l’avant.

 

Les humains modernes possèdent une face courte, droite et peu projetée vers l’avant. Cette morphologie est en partie le résultat d’adaptations acquises au cours de l’évolution et liées à des fonctions comme la vision, la respiration ou la mastication... Les structures osseuses composant la face ne sont cependant pas isolées du reste du crâne. Dimitri Neaux, jeune chercheur en thèse à l’Institut de paléoprimatologie de Poitiers, vient de montrer que la longueur de la face était fortement corrélée à la taille du cerveau : chez l’homme, plus le cerveau est gros, plus la flexion de la base du crâne (ou basicrâne) est marquée, et plus la face rétrécit.
Pour arriver à ce résultat, le chercheur a comparé un groupe d’humains actuels avec deux groupes de gorilles et de chimpanzés – les deux espèces de primates les plus proches de nous -, soit une centaine d’individus au total. Après avoir scanné et modélisé les crânes de chacun d’entre eux,  il a placé 29 points de repères sur la face et 5 sur la base du crâne. Puis il a calculé le rapport entre forme de la face et flexion du basicrâne. Si la corrélation est forte dans chaque groupe, seuls les humains voient leur face raccourcir proportionnellement à la flexion du basicrâne (donc, à la taille de leur cerveau).
« Reste maintenant à savoir quand ce changement est apparu : est-ce juste après la séparation avec les chimpanzés, ou bien plus tardivement dans l’histoire de l’homme ? » s’interroge Dimitri Neaux. Le chercheur rêve de comparer ces résultats avec des mesures effectuées sur des fossiles plus anciens. « Mais pour pouvoir obtenir des résultats statistiques fiables, il faut disposer d’un grand nombre de fossiles, ce qui est loin d’être évident. »

 

Références

Facial orientation and facial shape in extant great apes : A geometric morphometric analysis of covariation, publié le 18 février dans PLOS One par D. Neaux, F. Guy, E. Gilissen, W. Coudyzer, P. Vignaud et S. Ducrocq.

 

Contact chercheur

Dimitri Neaux, Institut de paléoprimatologie, paléontologie humaine : évolution et paléoenvironnements-IPHEP (CNRS/Université de Poitiers), Tél. : 05 49 45 37 53, dimitri.neaux@univ-poitiers.fr

 

,

Contact presse

Florence ROYER, Responsable de communication de la Délégation Centre Limousin Poitou du CNRS, Tél. : 02 38 25 52 01, Florence.ROYER@dr8.cnrs.fr 


Accueil du Sitecontactimprimer Plan du sitecredits