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4 novembre 2011

Découverte des plus anciens rongeurs d'Amérique du Sud

 

Dans une étude publiée par les Proceedings of the Royal Society B, une équipe internationale comprenant des chercheurs de plusieurs équipes du CNRS décrit la découverte des plus anciens rongeurs d'Amérique du Sud, datés de 41 millions d'années. Cet article apporte d'importants éléments de réponse quant à l'origine des rongeurs sud-américains, sujet qui focalise l'attention de nombreux biologistes et paléontologues depuis plusieurs décennies.

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Ci-dessus, fragment de mandibule d'un des fossiles de rongeurs découverts © Laurent Marivaux

A droite, des paléontologues de l'équipe internationale fouillant le gisement fossilifère au bord de la rivière Cachiyacu, en plein cœur de l'Amazonie péruvienne © Pierre-Olivier Antoine

 

 

Menées depuis 2008 au cœur de l’Amazonie péruvienne dans des conditions extrêmement difficiles, des expéditions paléontologiques viennent de révéler les plus anciens rongeurs  d’Amérique du Sud (ou caviomorphes). Ces nouveaux spécimens reculent de plus de 9 millions d’années le registre fossile du groupe sur ce continent austral en le faisant passer de -32 millions d'années à -41 millions d'années. Cette découverte montre une fois de plus l’intérêt crucial des forêts tropicales humides en termes d’évolution de la biodiversité, qu’elle soit actuelle ou passée.
           
Allant de la taille de la souris à celle du rat (de 20 à 120 grammes), ces animaux étaient remarquablement petits par rapport aux autres rongeurs sud-américains, présents ou passés : à titre de comparaison, les capybaras actuels, qui sont les plus gros rongeurs de la planète, atteignent souvent les 60 kg, tandis que certains caviomorphes fossiles, comme Phoberomys ou Josephoartigasia, dépassaient allègrement les 500 kg. Les rongeurs décrits dans les Proceedings of the Royal Society B vivaient dans une forêt tropicale humide et luxuriante, en compagnie de tatous, de petits marsupiaux arboricoles, d’une grande diversité de mammifères herbivores aujourd’hui éteints et de prédateurs, comme les crocodiles terrestres ou des poissons carnassiers.
           
L’âge reculé de ces caviomorphes montre par ailleurs que leur arrivée et leur diversification précoce en Amérique du Sud sont intervenues autour de l’optimum climatique de l’Eocène moyen, une période très chaude du Tertiaire, alors qu'on les croyait jusqu'alors liées à l’épisode de glaciation de la limite Eocène-Oligocène (34 millions d’années). Dernier élément, important dans le débat sur l'origine des rongeurs sud-américains qui oppose tenants de la « filière » africaine et partisans de la piste asiatique, la morphologie des dents des cinq nouvelles espèces décrites dans l’article permet de réaffirmer l’origine africaine des caviomorphes. Cette découverte soutient l’hypothèse d’une dispersion transatlantique fortuite de ces minuscules mammifères pendant l’Eocène moyen, une période pendant laquelle les côtes africaine et brésilienne étaient à moins de 1 000 km l’une de l’autre.

 

 

Référence
Middle Eocene rodents from Peruvian Amazonia reveal the pattern and timing of caviomorph origins and biogeography, Proceedings of the Royal Society B, Pierre-Olivier Antoine, Laurent Marivaux, Darin A. Croft, Guillaume Billet, Morgan Ganerød, Carlos Jaramillo, Thomas Martin, Maëva J. Orliac, Julia Tejada, Ali J. Altamirano, Francis Duranthon, Grégory Fanjat, Sonia Rousse & Rodolfo Salas Gismondi.

 

 

Contact chercheur

Pierre-Olivier Antoine, Institut des Sciences de l’Évolution (UMR 5554 CNRS/Université de Montpellier-II), Université de Montpellier-II, Place Eugène Bataillon, 34095 Montpellier Cedex 05.

Tél. : 04-67-14-32-51. Email : pierre-olivier.antoine@univ-montp2.fr

 

Contact presse

Dorothée Brunet-Lecomte, chargée de communication, Délégation Languedoc-Roussillon du CNRS, dorothee.brunet-lecomte@dr13.cnrs.fr

 

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