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En direct des laboratoires

 

30 janvier 2012

Les chèvres corses anciennes ou l’intérêt de préserver la diversité des races traditionnelles plus résistantes aux maladies

 

Les chèvres corses actuelles ont gardé une diversité génétique comparable à celle du moyen-âge sur l’île. C’est ce que révèle l’étude paléogénétique qui a comparé les ADN mitochondriaux de chèvres datant des XIIe et XIVe siècles avec ceux de chèvres actuelles. Cette étude, qui illustre une fois de plus l’intérêt de protéger les races anciennes, s’inscrit dans la promotion de la biodiversité. Elle a été menée par l’équipe de Paléogénomique et évolution moléculaire de l’Institut de génomique fonctionnelle de Lyon (CNRS/ENS Lyon/Université Claude-Bernard Lyon 1), la Plateforme nationale de paléogénétique, PALGENE (CNRS/ENS), le Laboratoire d’écologie alpine (CNRS/Université Grenoble 1/Université de Savoie), le laboratoire Archéozoologie, archéobotanique : sociétés, pratiques et environnements (CNRS/MNHN) et le Laboratoire de recherches sur le développement de l’élevage (INRA) et a fait l’objet d’une publication dans le journal scientifique américain PLoS (1) du 27 janvier 2012.

 

Chèvres corses

© INRA / R. Bouche

 

Une des explications avancée est le rôle important qu’auraient joué non seulement l’insularité de la Corse, mais également le système d’élevage traditionnel et millénaire propre à la Corse. La chèvre corse, race reconnue depuis 2003 (2), présente en effet des aptitudes tout à fait exceptionnelles de résistance et d’adaptation à des milieux difficiles.
Les équipes pluridisciplinaires qui ont publié cet article sont formelles : à l’heure où les ressources génétiques des espèces domestiques se réduisent sous l’impact de la sélection, leur étude montre l’intérêt de préserver des races rustiques et les systèmes d’élevage traditionnels. Elle démontre également l’intérêt de la paléogénétique, qui, en permettant d’ouvrir une fenêtre sur le passé, met en évidence la diversité génétique effectivement présente à des périodes anciennes. La paléogénétique constitue en effet un moyen unique pour comprendre l’histoire des espèces domestiques, de leurs origines à leur diffusion.
Alors que la paratuberculose (3) frappe de plus en plus les élevages de chèvres corses, il est plus que jamais d’actualité de prêter une attention toute particulière à ces chèvres dont les caractéristiques sont un gage de biodiversité et de résistance à la maladie. Et d’encourager leur préservation.

 

(1) PLoS ONE est un journal interactif libre d’accès pour la communication de toute la recherche scientifique et médicale dans des journaux à comité de lecture scientifique. http://www.plosone.org/home.action
 (2) La race « Chèvre corse » a été reconnue en 2003 par la CNAG (Commission Nationale d’Amélioration Génétique) du ministère de l'Agriculture, et par décret du même ministère en 2007.
(3) La paratuberculose, entérite touchant les ruminants, se caractérise par une diarrhée chronique et profuse, accompagnée d’un amaigrissement intense. Son agent pathogène est une mycobactérie.

 

Auteurs 

Sandrine Hughes1, Helena Fernández2, Thomas Cucchi3,4, Marilyne Duffraisse1, François Casabianca5, Daniel Istria6, François Pompanon2, Jean-Denis Vigne3, Catherine Hänni1, Pierre Taberlet2

  1. Paléogénomique et Evolution Moléculaire, Institut de Génomique Fonctionnelle de Lyon, Université de Lyon, Université Lyon 1, CNRS UMR 5242, INRA, Ecole Normale Supérieure de Lyon, 46 allée d’Italie, 69364 Lyon Cedex 07, France
  2. Laboratoire d’Ecologie Alpine, CNRS UMR 5553, Université Joseph Fourier, B.P. 53, 38041 Grenoble Cedex 9, France
  3. Centre National de la Recherche Scientifique, UMR 7209, Muséum National d’Histoire Naturelle, « Archéozoologie, Archéobotanique: Sociétés, Pratiques et Environnements », Département ‘‘Ecologie et Gestion de la Biodiversité’’ CP 56, 75005 Paris, France
  4. Department of Archaeology, University of Aberdeen, United Kingdom
  5. Institut National de la Recherche Agronomique, UR 045 Laboratoire de Recherches sur le Développement de l’Elevage, Quartier Grossetti, 20250 Corte, France
  6. Laboratoire d’Archéologie Médiévale Méditerranéenne, CNRS UMR 6572, 5 rue du château de l’Horloge, BP 647, 13094 Aix-en-Provence, France

 

Méthodes 

Cette étude a porté sur 29 ossements de chèvres du moyen-âge (XIIe et XIVe siècles) provenant du site archéologique de Rostino, ancien château fort médiéval de Haute-Corse. Les séquences mitochondriales obtenues ont été comparées à celles de chèvres corses actuelles issues d’élevage traditionnel et provenant de cinq villages (Moltifao, Tralonca, Corte, Altiani, Quenza).

 


Contact chercheurs 

Sandrine Hughessandrine.hughes@ens-lyon.fr

Catherine Hänni, Catherine.Hanni@ens-lyon.fr

 

Contact presse

Corinne Badiou, communication@ens-lyon.fr, 06 22 02 30 69
Beatrice Dias, beatrice.dias@univ-lyon1.fr, 06 76 21 00 92
Sebastien Buthion, sebastien.buthion@dr7.cnrs.fr, 06 88 61 88 96

 

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