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En direct des laboratoires

 

21 avril 2011

Les fossiles d'une espèce inconnue de tarsier découverts en Thaïlande

 

Une équipe internationale comprenant deux chercheurs de l'UMR 6046 (CNRS-Université de Poitiers) vient d'annoncer la découverte d'une nouvelle espèce de tarsier qui vivait il y a 13 millions d'années en Thaïlande. Cette découverte a été présentée dans les Proceedings of the Royal Society B.

 

Les tarsiers, petits primates asiatiques nocturnes caractérisés par des orbites énormes, partagent avec les anthropoïdes (singes et humains) plusieurs caractères morpho-anatomiques importants qui indiquent que ces deux branches dérivent d’un ancêtre commun, ce qui a conduit les systématiciens à les réunir au sein d’un groupe unique : les Haplorhiniens. Cette relation de parenté confère une grande importance à la connaissance de l’histoire évolutive des tarsiers puisqu'elle nous apporte des compléments précieux quant à l’histoire de notre propre lignée. Malheureusement, les fossiles de tarsierssont très rares et, jusqu'à présent, seuls des restes fragmentaires découverts en Chine et remontant à 45 millions d'années et quelques dents isolées documentaient a minima le passé de ces animaux.

 

Cela devrait changer grâce à la découverte d’une riche collection de mâchoires et de dents appartenant à une nouvelle espèce de Tarsius, découverte que vient de faire une équipe internationale dans une mine de lignite thaïlandaise. Cette nouvelle espèce, décrite sous le nom de Tarsius sirindhornae, est l’une des plus grandes connues et confirme que, par le passé, l'extension géographique des Tarsius était plus vaste. Elle se caractérise également par une morphologie particulière de ses orbites et de ses dents, celles-ci témoignant d'une nourriture abrasive alors que les tarsiers actuels sont insectivores.

 

Dans leur étude, les chercheurs ont pu reconstituer la face de ce tarsier du Miocène, lequel présentait des orbites courtes et un museau allongé, ce qui le distingue des espèces actuelles.  Du coup, l'hypothèse selon laquelle les tarsiers seraient des fossiles vivants, à cause de leur faible évolution au cours du temps, est peut-être la conséquence d'une documentation paléontologique incomplète. Cette nouvelle espèce témoigne donc d’une lignée aujourd’hui éteinte de Tarsius et d’une plus grande diversité morphologique de ce genre dans le passé, à mettre en rapport avec sa plus grande extension géographique.

 

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A gauche, une reconstitution de Tarsius sirindhornae - © Mana Rugbumrung

A droite, les zones colorées montrent les aires de répartition des espèces actuelles de tarsiers et l'étoile bleue indique l'endroit où la nouvelle espèce a été découverte (carte adaptée de Groves & Shekelle (2010)

 

Référence
A new Middle Miocene tarsier from Thailand and the reconstruction of its orbital morphology using a geometric–morphometric method, Proceedings of the Royal Society B, Yaowalak Chaimanee, Renaud Lebrun, Chotima Yamee & Jean-Jacques Jaeger.

 

Contact chercheur

Stéphane Ducrocq, Institut de paléoprimatologie, paléontologie humaine : évolution et paléoenvironnements (IPHEP, UMR 6046 CNRS-université de Poitiers), Bât. B 35, 40 avenue du Recteur Pineau, 86022 Poitiers Cedex. Tél. : 05-49-45-37-37.

 

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