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En direct des laboratoires

 

2 juillet 2012

Le manchot empereur sous la menace du réchauffement climatique

 

Dans une étude que vient de publier la revue Global Change Biology, une équipe internationale à laquelle ont collaboré trois chercheurs du Centre d'études biologiques de Chizé montre que la colonie de manchots filmée dans La marche de l'empereur, en  Terre Adélie, est menacée  à moyen ou long terme si le réchauffement du climat se poursuit.

 

 

Animal symbole de l'Antarctique, le manchot empereur pond son œuf unique sur la banquise (c'est-à-dire la glace de mer) et y élève son poussin. Cette particularité le rend particulièrement vulnérable au réchauffement climatique en cours. En effet, si, à cause de températures plus élevées, la dislocation de la banquise intervient trop tôt dans la saison, les colonies d'empereurs risquent de connaître des échecs massifs de la reproduction, alors même que la mortalité chez leurs jeunes est déjà très importante chez cette espèce d'oiseau marin. De plus, la disparition progressive de la glace de mer peut avoir un impact négatif sur l'approvisionnement en nourriture des manchots, étant donné que les animaux qui constituent leur régime alimentaire (poissons, calmars, krill) mangent du plancton, lequel prospère sous la glace.

 

Pour évaluer l'évolution de ces populations d'oiseaux au cours des décennies à venir, les auteurs de l'article paru dans Global Change Biology ont associé des modèles climatiques, des prévisions concernant le devenir de la banquise et un modèle démographique réalisé à partir de l'étude de la colonie de manchots empereurs présente près de la base scientifique française Dumont d'Urville, en Terre-Adélie, colonie suivie par les chercheurs depuis plus d'un demi-siècle. Les résultats montrent que si les températures continuent de monter au rythme actuel, la banquise diminuera et le nombre de manchots baissera  lentement jusqu'en 2040 environ, après quoi le déclin se fera de plus en plus rapide, au fur et à mesure que la glace de mer disparaîtra. Les projections montrent que seulement 500 à 600 couples pourraient subsister à Dumont d'Urville en 2100 contre environ 3 000 aujourd'hui. Reste à savoir si les manchots empereurs seront, en l'espace de seulement quelques décennies, capables de s'adapter à ces nouvelles conditions environnementales ou de migrer sur d’autres sites où la banquise sera plus protégée d'une débâcle précoce.

 

manchot

Manchots empereurs en Terre Adélie © Jenouvrier's Lab / WHOI


Référence : Effects of climate change on an emperor penguin population : analysis of coupled demographic and climate models, Global Change Biology, Stéphanie Jenouvrier, Marika Holland, Julienne Stroeve, Christophe Barbraud, Henri Weimerskirch, Mark Serreze & Hal Caswell.

 

 

Contacts chercheurs

Stéphanie Jenouvrier, Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI), MS#50, 266 Woods Hole Road, Woods Hole, MA 02543, Etats-Unis. Tél. : 00 1 508 289 3245. E-mail : sjenouvrier@whoi.edu

Henri Weimerskirch, Centre d'études biologiques de Chizé (CEBC), 79360 Villiers-en-Bois. Tél. : 05 49 09 78 15. E-mail: henriw@cebc.cnrs.fr

 

Contact communication
Florence Royer, Service communication CNRS Délégation Centre Poitou-Charentes Florence.Royer@dr8.cnrs.fr

 

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