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En direct des laboratoires

 

11 mai 2012

Quelle pertinence pour les expériences prédisant les impacts écologiques du réchauffement climatique ?

 

Grâce à une expérience menée sur des étoiles de mer, une équipe franco-américaine comprenant deux chercheurs de l'Institut de recherche sur la biologie de l'insecte – IRBI (CNRS / Université de Tours) remet en cause la pertinence de certaines expérimentations visant à prédire les impacts écologiques du réchauffement climatique. Leur étude vient d'être publiée dans la revue Ecology Letters.

 

Les recherches visant à prédire les impacts écologiques du changement climatique se basent le plus souvent sur des expérimentations en conditions constantes simulant un réchauffement de plusieurs degrés, un peu comme si l'on poussait vers le haut le thermostat d'un radiateur. Or le réchauffement global est bien plus qu’une simple hausse de la température moyenne. Il peut par exemple se traduire par une modification de l’amplitude des fluctuations de température ainsi que par un changement de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur.


A ce jour, on ne connaît que très peu de choses sur l’impact qu'aura sur les organismes cette modification des fluctuations climatiques, alors même qu'il s'agit d'un scénario plus réaliste que celui d'une simple élévation moyenne des températures. Les auteurs de l'étude publiée par Ecology Letters ont, en laboratoire, travaillé avec des étoiles de mer de l'espèce Pisaster ochraceus. Il s'agit d'un prédateur important de l'espace intertidal – zone de la côte qui est découverte à marée basse – qui se nourrit de moules lorsque la mer remonte. Dans cet écosystème, les organismes alternent entre les conditions de température à marée haute (les animaux sont submergés) et à marée basse (ils sont exposés au soleil sur les rochers). Des protocoles expérimentaux sophistiqués ont été élaborés de sorte à produire différents régimes fluctuants ayant tous une même température moyenne mais des amplitudes et une structure temporelle différentes.


Les chercheurs ont ainsi démontré que les expériences classiques, en conditions constantes, permettent difficilement de prédire la réponse des organismes dans des conditions fluctuantes. L'étude révèle notamment un fait jamais décrit auparavant, à savoir que le taux de prédation de l’étoile de mer (et donc son impact sur la biodiversité locale) est le plus important lorsque les températures sont élevées pendant plusieurs cycles de marée consécutifs. Ces travaux suggèrent donc que les travaux  expérimentaux à venir tiennent compte de la coïncidence temporelle entre les stress environnementaux et les cycles de vie des espèces étudiées.         

 

Etoiles de mer Aquariums

A gauche, un groupe d’étoiles de mer, Pisaster ochraceus, sur les rochers à marée basse.
A droite, le système d'aquariums qui a permis de simuler le cycle des marées en laboratoire
tout en contrôlant la température de l'eau et celle des animaux © Sylvain Pincebourde


Référence : Temporal coincidence of environmental stress events modulates predation rates, Ecology Letters, Sylvain Pincebourde, Eric Sanford, Jérôme Casas & Brian Helmuth.

 

Contact chercheur

Sylvain Pincebourde, Institut de Recherche sur la Biologie de l'Insecte (IRBI, UMR 7261 CNRS / Université de Tours), Faculté des Sciences et Techniques,  avenue Monge, Parc Grandmont, 37200 Tours. Tél. : 02 47 36 73 66. E-mail : sylvain.pincebourde@univ-tours.fr

Contact communication 

Florence Royer, Service communication CNRS Délégation Centre Poitou-Charentes Florence.Royer@dr8.cnrs.fr

 

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