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En direct des laboratoires

 

2 mai 2013

Quand les insectes se soignent par les plantes…

 

Il n’y a pas que les primates qui pratiquent l’automédication et se débarrassent de leurs parasites intestinaux en ingérant certaines plantes récoltées dans la forêt. Les insectes aussi l’utilisent ! Mouches du vinaigre, abeilles, fourmis, mais aussi papillons monarques sont capables de comportements à visée thérapeutique, comme l’explique Thierry Lefèvre, chercheur CNRS au Laboratoire Maladies infectieuses et vecteurs, écologie, génétique, évolution et contrôle (Mivegec) de Montpellier, co-auteur d’un article sur l’automédication animale dans Science.

 

Une femelle monarque en train de pondre sur une plante fatale à ses parasites, Asclepias Curassavica.
©Jacobus de Roode

 

On sait depuis les années 1970 que les primates (chimpanzés, bonobos, gorilles…) luttent contre leurs parasites intestinaux grâce à certaines plantes trouvées dans leur environnement. Les éléphants aussi pratiqueraient l’automédication… Mais que des animaux aux capacités d’apprentissage limitées, comme les insectes, en soient capables, c’est la surprise des années 2000 ! « On a notamment découvert que les abeilles et les fourmis ramènent dans les nids des morceaux de résine de conifère aux propriétés antifongiques et antibactériennes », raconte Thierry Lefèvre, chercheur CNRS au Migevec et co-auteur d’un article sur l’automédication animale dans Science. Autre exemple : quand ils se développent, les asticots de la mouche drosophile, ou mouche du vinaigre, se débarrassent des larves pondues dans leur corps par une guêpe parasitoïde en consommant des fruits en décomposition riches en alcool. « La drosophile est très tolérante à l’alcool ; son parasite, beaucoup moins » rapporte le chercheur qui s’est intéressé durant son post-doctorat au cas des papillons monarques d’Amérique du Nord.

 

La femelle monarque, quand elle est infectée par un parasite protozoaire interne particulièrement néfaste et transmissible à ses œufs, choisit de pondre sur les feuilles d’une plante riche en cardénolides, une substance toxique pour son parasite (et également utilisée en médecine humaine contre les maladies cardiaques). « Les larves, quand elles naissent, se nourrissent de cette plante qui les soigne » s’enthousiasme Thierry Lefèvre, qui précise que les femelles non infectées ne favorisent pas ce type de végétaux. Mais pour le chercheur, la vraie percée est - peut-être - à venir : « si on découvrait que les femelles moustiques, dont on sait aujourd’hui qu’elles consomment des nectars de fleur en plus des repas de sang, ont le moyen de lutter contre le parasite du paludisme, ce serait une vraie déflagration dans le monde de la recherche… »

 

Références

Self-Medication in Animals, 12 avril 2013, Science, Jacobus C. de Roode, Thierry Lefèvre et Mark D. Hunter.

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Contact chercheur

Thierry Lefevre, Laboratoire Maladies Infectieuses et Vecteurs : Ecologie, Génétique, Evolution et Contrôle (MIVEGEC), (CNRS/IRD/Université de Montpellier 1), Centre de recherche IRD, 911 avenue agropolis, 34394 Montpellier cedex 5, Tél : 04 67 41 61 97

E-mail : thierry.lefevre@ird.fr,


Contact presse

Aurélie Lieuvin, Chargée de communication de la délégation Languedoc-Roussillon,

Tel : 04 67 61 35 10

E-mail : aurelie.lieuvin@dr13.cnrs.fr


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