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En direct des laboratoires
5 mars 2013Comment le thym s’adapte au changement climatiqueLa diversité génétique au sein d’une même espèce augmente fortement les capacités d’adaptation. Des chercheurs du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier (CEFE) ont montré que, grâce à ses six types chimiques, le thym des garrigues méditerranéennes s’est adapté au changement climatique en quelques dizaines d’années seulement. Et ce, sans modifier sa distribution géographique.
Grâce à ses six types chimiques, ou chémotypes, le thym des garrigues s’est adapté aux températures plus clémentes. © Alain Renaux
On sait depuis la découverte de docteurs en pharmacie, il y a cinquante ans, que le thym présente une grande diversité chimique. Pour la seule espèce de Thymus vulgaris - notre bon vieux thym des garrigues -, on ne compte pas moins de six essences, caractérisées par six monoterpènes différents. Stockées dans de petites glandes situées à la surface des feuilles, ces molécules issues du métabolisme de la plante lui donnent son odeur et produisent les huiles essentielles. « Deux sont dites « phénoliques » et sont associées aux plantes peu résistantes aux gels hivernaux mais bien adaptée aux sols rocailleux et très secs durant l’été, quatre autres sont de type non-phénolique et se retrouvent dans les zones les plus froides l’hiver et sur des sols marneux plus profonds » explique John Thompson, chercheur CNRS spécialiste des plantes aromatiques au CEFE et premier auteur de l’article paru dans PNAS. Une cartographie très précise, établie dans les années 70 dans la région de Montpellier, a répertorié trois types de zones : des zones exclusivement phénoliques, des zones mixtes où l’on retrouve les essences phénoliques et non phénoliques, et des zones exclusivement non phénoliques.
Références Evolution of a genetic polymorphism with climate change in a Mediterranean landscape, publié dans PNAS le 18 février 2013 par John Thompson, Anne Charpentier, Guillaume Bouguet, Faustine Charmasson, Stephanie Roset, Bruno Buatois, Philippe Vernet, et Pierre-Henri Gouyon.
John Thompson, Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE), CNRS/Université de Montpellier 1, 2 et 3, Montpellier SUPAGRO / CIRAD / IRD / Ecole Pratique des Hautes Etudes / INRA, john.thompson@cefe.cnrs.fr
Aurélie Lieuvin, chargée de communication de la délégation Languedoc-Roussillon, Tel : 04 67 61 35 10, Mél : aurelie.lieuvin@dr13.cnrs.fr
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