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En direct des laboratoires

 

30 juillet 2012

Comment le manchot royal réagit au dérangement humain

 

La question est primordiale pour les écologues : comment les perturbations engendrées par la présence de l'homme (qu'il soit touriste ou chercheur) influent-elles sur un écosystème étudié ? Pour tenter d'y répondre, une équipe du Département Ecologie, Physiologie et Ethologie de l'Institut pluridisciplinaire Hubert Curien (CNRS/Université de Strasbourg) a étudié la réponse au stress de manchots royaux d'une colonie des îles Crozet soumise à la présence humaine depuis près d’un demi-siècle. Un travail publié par la revue BMC Ecology.

 

 

manchotroyal

Colonie de la Baie du Marin, dont une zone est exposée à une présence humaine continue - ©Vincent Viblanc

 

Certaines populations d’animaux, comme les manchots royaux, font l'objet de recherches intensives depuis de nombreuses années. Connaître l’effet du dérangement humain revêt une importance capitale chez ces populations, notamment pour s'assurer que les données collectées sur le terrain ne sont pas faussées par la simple présence des scientifiques. Les auteurs de l'étude publiée par BMC Ecology ont comparé la réponse au stress de deux groupes de manchots royaux, les premiers se reproduisant dans une zone fréquentée quotidiennement par les humains, les seconds élevant leur poussin dans un endroit moins perturbé. Le niveau de stress a été évalué par des changements dans le rythme cardiaque des oiseaux. Ceux-ci furent expérimentalement dérangés de trois manières différentes, deux dérangements « légers » – un humain s'approchant à une distance de 10 mètres, imitant en cela touristes ou chercheurs et un bruit métallique semblable à ceux que produisent les machines opérant en bordure de la colonie – et un plus « musclé » – le manchot étant capturé brièvement comme le font les scientifiques pour certaines mesures.

Les animaux provenant des zones perturbées quotidiennement par les hommes se sont montrés plus « zen », lorsqu'ils étaient confrontés aux stress de faible intensité, que les oiseaux situés en zones non-perturbées, sans doute pour y avoir été habitués par des décennies de cohabitation. En revanche, être capturé faisait bondir le rythme cardiaque des animaux dans les deux groupes. L'habituation des manchots royaux à des perturbations modérées peut être en partie considérée comme un point rassurant, tant pour la facilitation de la collecte de données scientifiques sur le terrain, que pour la réaction des populations animales face au développement du tourisme dans les mers australes. Toutefois, ces résultats soulèvent aussi la question de l’influence possible d’une présence humaine continue sur la sélection d'animaux tolérants au dérangement et, par conséquent, sur la composition des populations naturelles.

 

Référence
Coping with continuous human disturbance in the wild : insights from penguin heart rate response to various stressors, BMC Ecology, Vincent A. Viblanc, Andrew D. Smith, Benoît Gineste & René Groscolas.

 

Contact chercheur

Vincent Viblanc, Institut Pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC, UMR 7178 CNRS / Université de Strasbourg), Département Ecologie, Physiologie et Ethologie (DEPE), 23 rue Becquerel, 67087 Strasbourg cedex 2. Tél. : +4121 692 42 04,  vincent.viblanc@iphc.cnrs.fr

 

Contact presse

Michèle Bauer, responsable du service communication, Délégation Alsace du CNRS, Tél. : 03 88 10 67 14, michele.bauer@alsace.cnrs.fr

 

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