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En direct des laboratoires
31 janvier 2011Les régions les plus riches en biodiversité sous la menace du réchauffement climatiqueLa liste « Global 200 » définie par le WWF recense 238 régions dites exceptionnelles pour la biodiversité mondiale. Dans une étude parue dans les Proceedings de l'Académie des sciences américaine (PNAS), une équipe internationale conduite par des chercheurs du Laboratoire d'écologie alpine (LECA, UMR 5553 CNRS/Université Joseph Fourier, Grenoble I) a évalué la probabilité pour que ces régions emblématiques subissent, en raison du réchauffement de la planète, des conditions climatiques considérées comme extrêmes au XXe siècle.
La vitesse du réchauffement climatique dû à l'augmentation des gaz à effet de serre (GES) est très probablement sans précédent au cours des dix derniers millénaires. Bien que la majorité des pays soient d'accord avec l'idée de limiter le réchauffement à moins de 2°C d'ici à la fin du siècle, les taux actuels d'émission de GES et l'échec, en décembre 2009 à Copenhague, de la conférence internationale sur le climat augmentent fortement le risque pour que cette limite soit dépassée en 2100. De nombreux travaux ont déjà prouvé que le changement climatique avait entraîné d'importantes modifications sur certains systèmes biologiques au cours du siècle précédent. Pour estimer l'impact du réchauffement sur les régions les plus riches en biodiversité d'ici à 2070, l'équipe du LECA a utilisé un large ensemble de modèles climatiques pour mesurer les impacts potentiels sur 185 des 238 régions référencées dans le « Global 200 ».
Les résultats montrent que jusqu'à 86 % des écosystèmes terrestres et 83 % des écosystèmes d'eau douce pourraient être, au moins en partie, exposés à des moyennes de températures considérées comme extrêmes pendant la seconde moitié du XXe siècle (base 1961-1990). Les écorégions tropicales et subtropicales ainsi que les mangroves devraient faire face à des conditions extrêmes plus tôt dans le siècle, certaines avec un réchauffement moyen de 1°C. En revanche, seulement quelques écorégions des forêts boréales et de la toundra pourraient faire l'expérience de tels extrêmes.
L'étude suggère qu'au cours des prochaines décennies, le réchauffement climatique pourrait créer une contrainte supplémentaire pour les régions les plus importantes sur le plan biologique, contrainte qui s'ajoutera aux pressions anthropiques auxquelles elles sont déjà soumises (fragmentation des espaces, déforestation, pollution). La combinaison de ces menaces augmente la probabilité pour que la richesse de la plupart de ces zones disparaisse au cours de ce siècle, les pratiques standard de protection de la biodiversité risquant d'être insuffisantes pour la défendre.
Les régions tropicales (ici en Guyane) devraient, au cours du siècle, être fréquemment exposées à des moyennes de température considérées comme extrêmes. © Claude Delhaye/CNRS.
Référence
Pascale Natalini, Responsable du service communication, CNRS - Délégation Alpes, pascale.natalini@dr11.cnrs.fr
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