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 Environnement et développement durable - Centre National de la recherche scientifique
 

La Paléogénétique en bref

 

Depuis une vingtaine d’années, les études évolutives, archéologiques, paléontologiques et paléanthropologiques peuvent être étendues et enrichies en incluant les résultats d’un  nouveau champ disciplinaire, la paléogénétique. Les progrès de la biologie moléculaire ont donné directement accès aux molécules porteuses de l’information génétique de l’époque, le matériel héréditaire ou acide désoxyribonucléique (ADN). En effet, les molécules d’ADN bien qu'endommagées, dégradées et présentes en très faible quantité, subsistent parfois dans le matériel biologique conservé ou fossilisé, comme les os, les dents, les graines et les bois. L'analyse génétique de restes biologiques anciens archéologiques et d’ossements paléontologiques peut fournir des informations importantes sur le passé de l'homme, inaccessibles par les autres approches qui contribuent à l'archéologie. L'analyse de l'ADN ancien peut ainsi compléter et étendre l’étude des restes biologiques pour aider les archéologues dans l'interprétation d'un site et, plus généralement, permettre la construction d'hypothèses sur l'évolution de l'homme et de son environnement.

Grâce aux méthodes physiques de datation des vestiges anciens, comme la radiodatation au carbone-14, les données paléogénétiques peuvent s’inscrire dans un cadre temporel strict et sont à même de renouveler notre perception de la répartition des populations animales, humaines et végétales dans le temps et dans l’espace ainsi que celle des liens phylogénétiques entre les espèces, comme par exemple entre l’homme actuel et l’homme de Neanderthal. De plus, l’analyse paléogénétique permet d’affiner les études des migrations des populations animales et humaines anciennes, des liens de parenté au sein des populations et de la structure des sociétés anciennes. L’approche paléogénétique peut aussi apporter un éclairage nouveau sur les processus de domestication des animaux et des plantes au Néolithique qui sont connus à l’heure actuelle grâce aux données fournies d’une part par l’archéologie et d’autre part et plus récemment par la génétique des populations actuelles des animaux et des plantes. Enfin, le développement récent des nouvelles technologies de séquençage massivement parallèle  permet aujourd’hui de caractériser la séquence des génomes complets d’Hommes du passé et ainsi d’accéder à ces aspects de leur phénotype qui ne fossilisent pas, comme la couleur de peau ou encore leur capacité à proférer un langage articulé.

Bien que la paléogénétique repose actuellement sur une approche expérimentale a priori assez simple, elle est l’objet de nombreuses difficultés méthodologiques qui requièrent une forte compétence et nécessitent de mettre en œuvre de nouvelles approches mieux adaptées à la nature particulière du matériel génétique ancien, et ce d’autant plus que ce matériel est ancien. Dans ce domaine comme dans bien d’autres, les progrès technologiques permettent de repousser les limites des champs conceptuels. Pour cette raison, le RTP Paléogénétique se fixe l’objectif de repousser ces limites par l’échange scientifique afin de permettre une accélération de la maîtrise et du développement méthodologique et conceptuel.