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Rendre une molécule de C60 sensible au magnétisme
13 novembre 2012
Aujourd’hui, avec le graphène ou les nanotubes, on espère beaucoup de l’électronique à base de carbone, un élément très répandu. Toutefois, ces composés sont intrinsèquement non-magnétiques, ce qui limite leur utilisation dans les domaines du magnétisme et de l’électronique de spin.

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Des physiciens du laboratoire Matériaux et Phénomènes Quantiques - MPQ (CNRS - Univ. Paris Diderot) et du Service de Physique et Chimie des Surfaces et des Interfaces - SPCSI (CEA) viennent de montrer que la molécule de C60 devient elle-même sensible au magnétisme lorsqu’elle est en contact avec un métal magnétique. Ce travail fait l’objet d’une publication dans la revue NanoLetters.
Les physiciens se sont intéressés aux propriétés de molécules de C60, (de forme sphérique) déposées sur une surface magnétique de chrome. Ils ont mené à bien cette expérience au moyen d’un microscope à effet tunnel polarisé en spin qu’ils ont développé à cet effet. Cet instrument donne accès aux propriétés magnétiques d’atomes ou de molécules uniques grâce à une sonde constituée d’une pointe magnétique en Fer/Tungstène extrêmement fine. En mesurant les propriétés électroniques des molécules de C60 sur des zones d’aimantation différentes de la surface de Chrome, ils ont démontré, en collaboration avec une équipe de théoriciens du CEA-Saclay, que les molécules devenaient sensibles au magnétisme. Cette sensibilité, qui se traduit par une variation de la magnétorésistance, dépend de la tension électrique de mesure, ce qui est une propriété très intéressante pour d’éventuelles applications en électronique de spin.

- Image STM en vue tridimensionelle de molécules de C60 déposées sur une surface de chrome. Les couleurs indiquent des zones d’aimantation alternée. La pointe du microscope, la surface de chrome et les molécules de C60 sont également schématisés.
En savoir plus
Large Magnetoresistance through a Single Molecule due to a Spin- Split Hybridized Orbital, S. L. Kawahara1, J. Lagoute1, V. Repain1, C. Chacon1, Y. Girard1, S. Rousset1, A. Smogunov2 et C. Barreteau2 Nano Letters 12, 4558 (2012).
Contact chercheur
Jérôme Lagoute, chargé de recherche CNRS
Informations complémentaires
1 Laboratoire Matériaux et Phénomènes Quantiques (MPQ), Paris
2 Service de Physique et Chimie des Surfaces et des Interfaces (SPCSI), Gif-sur-Yvette
Contacts INP
Jean-Michel Courty,
Catherine Dematteis,
Simon Jumel,
inp-communication cnrs-dir.fr
