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"C’est à la communauté de s’approprier ce préGDR Sécurité"

Le préGDR Sécurité Informatique, créé depuis novembre 2015, est en cours de mise en place. Gildas Avoine, le porteur de ce projet, nous explique les raisons de la création de ce préGDR, ses débuts et ses perspectives.

Pour quelles raisons le préGDR Sécurité Informatique a-t-il été créé ?

Gildas Avoine : La sécurité informatique nécessite de considérer un problème dans son ensemble. Regarder indépendamment les aspects liés à la cryptographie et à la sécurité des systèmes, par exemple, est important, mais ne suffit pas. Il faut avoir une approche globale de la sécurité. Encourager les collaborations entre les chercheurs issus des sous-domaines qui composent la sécurité est donc important, en leur offrant un cadre pour se rencontrer. Il y a une forte attente de la communauté. De plus, animer la communauté française de la recherche en sécurité informatique, c’est aussi permettre aux jeunes chercheurs d’être confrontés aux problèmes et aux outils des sous-domaines de la sécurité qui ne sont pas le leur.

Enfin, le développement de la recherche en sécurité s’est fait de manière hétérogène en France. Certains sous-domaines bénéficient d’une reconnaissance internationale bien établie alors que d’autres sous-domaines, plus jeunes, souffrent d’un manque de reconnaissance malgré les compétences incontestables dont nous disposons sur le territoire. Constituer un GDR est un moyen de mettre en avant ces sous-domaines en recherche de visibilité.

Pourquoi étiez-vous motivé pour être porteur de ce projet ?

G. A. : Mes recherches portent sur des sujets très variés de la sécurité. Cela me permet de côtoyer plusieurs communautés de la sécurité, que ce soit en cryptographie, en sécurité des systèmes, en sécurité du matériel ou encore en protection de la vie privée.

J’ai travaillé durant douze ans à l’étranger, d’abord à l’EPFL en Suisse, puis au MIT aux États-Unis et enfin à l’UCL en Belgique, avant de revenir en France. Cette expérience m’a permis d’avoir un regard extérieur sur la recherche française, d’en comprendre dans une certaine mesure ses forces et ses faiblesses. Mon expérience internationale m’a également conduit à coordonner une Action COST H2020, qui peut être vue en quelque sorte comme un GDR au niveau international. Coordonner une telle action est très enrichissant et m’a permis d’avoir une réflexion profonde sur les réseaux scientifiques. Ce qui se fait au niveau européen n’est toutefois pas nécessairement directement reproductible au niveau français.

Quelles actions ont pu déjà être mises en place ?

G. A. : Mon leitmotiv est qu’un préGDR, et au-delà un GDR, est un outil pour les chercheurs, par les chercheurs. Il est donc essentiel pour moi de mettre tous les acteurs de la communauté au cœur de la création du préGDR et d’être à l’écoute de leurs attentes. C’est à eux de s’approprier cet outil qui est mis à leur service.

Un point essentiel à mes yeux est aussi qu’un GDR est un outil ouvert à tous, sans exclusive. Il est bien sûr ouvert à tous les académiques, qu’ils soient chercheurs ou enseignants-chercheurs, mais il ne doit pas non plus être restreint aux académiques. C’est un lieu d’échange pour les chercheurs, d’où qu’ils viennent.

Pour créer le préGDR, j’ai décidé d’aller à la rencontre des chercheurs, dans leurs laboratoires. J’ai ainsi organisé des rencontres à Nancy, Toulouse, Montpellier, Caen, Grenoble, Lyon, Paris, Lille et Rennes, mais aussi en visioconférence pour permettre aux chercheurs des autres villes de participer aux discussions. J’ai reçu une aide précieuse de la communauté scientifique et du personnel administratif et technique pour l’organisation de ces rencontres.

Au fur et à mesure de ces rencontres, nous avons dessiné les contours thématiques des groupes de travail. Une réunion aura lieu début juillet pour finaliser la définition de ces groupes. Une particularité du préGDR Sécurité Informatique est qu’il existe déjà des GT liés à certains sous-domaines de la sécurité dans des GDR existants. Il a donc fallu réfléchir aux interfaces et discuter avec les responsables des GDR existants, notamment IM, ISIS et SOC-SIP.

Quelles sont les prochaines activités d’animation du préGDR ?

G. A. : Nous avons souhaité démarrer très tôt les activités du préGDR, même si les GT ne sont pas encore établis. 2016 est l’année de la sécurité à l’INS2I avec notamment le coloriage "sécurité" de postes au concours et le lancement d’un PEPS Sécurité. Nous devions profiter de cette opportunité pour lancer plusieurs actions.

Du 4 au 8 juillet 2016, nous aurons une école d’été qui portera sur l’ensemble des thématiques du préGDR. Il s’agit de l’école "Cyber in Bretagne" organisée conjointement avec le Pôle d’Excellence Cyber (PEC) situé à Rennes. Cette école annuelle s’est fixé pour objectif de se déplacer en France.

Du 24 au 28 octobre 2016, nous organiserons une semaine de rencontres entre entreprises et doctorants à la délégation CNRS de Gif-sur-Yvette. Lors de cet événement, les doctorants des domaines de la sécurité informatique s’associeront sous forme de groupes pour répondre à des problèmes posés par des entreprises. Cette initiative est inspirée de ce qui se fait en mathématiques au sein de l’agence AMIES.

Enfin, nous finirons l’année 2016 avec un événement orienté vers le grand public et organisé au siège du CNRS à Paris les 8 et 9 décembre.
Une liste de diffusion sera mise en place durant l’été.