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Cédric Févotte : « Décrocher une ERC, c’est ouvrir une parenthèse enchantée »

Point de vue sur l’aventure ERC de Cédric Févotte, directeur de recherche au sein de l’Institut de recherche en informatique de Toulouse (IRIT - CNRS/Université Toulouse 1/Université Toulouse - Jean Jaurès/Université Paul Sabatier/INP Toulouse), lauréat d’une bourse ERC Consolidator Grant en 2015.

Je conduis le projet ERC Consolidator FACTORY qui a débuté en septembre 2016. C’est un projet de recherche en traitement du signal et apprentissage statistique, disciplines relevant de la science des données. Plus précisément, le projet concerne l’analyse de données matricielles, c’est-à-dire qui peuvent être organisées et stockées dans un tableau, par des techniques dites de factorisation. Il s’intéresse notamment à des applications en analyse spectrale (audio, image) et en fouille des données (traitement d’information multimodale, filtrage collaboratif).

Décrocher une ERC, c’est ouvrir une parenthèse enchantée. C’est obtenir pour 5 années les moyens de se consacrer pleinement à la recherche que l’on a éperdument envie de faire, sans plus avoir à se soucier de rechercher des financements, une activité très chronophage dans le quotidien d’un chercheur. C’est obtenir les moyens d’avoir de l’impact, un levier pour avancer et animer des thématiques de recherche qui nous sont chères.

Les moyens que l’ERC met à ma disposition m’ont permis de constituer une équipe bien assortie de collaborateurs talentueux. Grâce en particulier au caractère prestigieux de ce financement et au confort financier exceptionnel qu’il apporte, j’ai pu attirer de bons candidats et réaliser d’excellents recrutements. Contrairement à d’autres sources de financement, la gestion financière est suffisamment flexible pour permettre d’être très réactif et saisir au fil de l’eau les bons candidats qui se présentent. En l’occurrence, le financement ERC me permet de m’entourer en flux constant de 5 collaborateurs doctorants ou post-doctorants durant 5 ans, et d’accueillir des visiteurs. Je co-encadre ces collaborateurs avec d’autres chercheurs ou enseignants-chercheurs du laboratoire. À côté des réunions d’avancement individuelles, nous tenons des réunions de projet durant lesquelles j’encourage les interactions entre les différents membres. Une bonne dynamique de groupe et d’adhésion au projet s’est créée, et j’y trouve là une grande source de bonheur professionnel.

Concourir à l’obtention d’une ERC est une épreuve de haute compétition qui demande beaucoup de préparation. La période des auditions (pour les projets Starting et Consolidator) est particulièrement stressante. Lorsque j’ai décidé de me lancer dans cette aventure, j’ai réservé quelques semaines de mon temps à réfléchir à ce que serait mon projet. J’ai cherché à prendre du recul sur la recherche que j’avais conduite jusque-là, j’ai pris le temps de lire ou relire de nombreux articles, j’ai réfléchi à la recherche que j’avais ardemment envie de conduire et aux déplacements de paradigmes qui me semblaient à portée, avec du temps et des moyens. Mon projet a pris forme et l’INS2I m’a mis en relation avec des experts ayant eux-mêmes une expérience de l’ERC pour des avis et relectures. Cet accompagnement a été déterminant dans la réussite de ma candidature, au terme de trois tentatives. Je suis aussi très reconnaissant des précieux conseils que m’ont donnés d’autres lauréats ERC de mon entourage.

Ayant moi-même été financé en tant que post-doctorant au sein de projets européens antérieurs, je suis fier et heureux de bénéficier de cet instrument de financement qui contribue à la vitalité de la recherche en Europe. Étant donné l’ampleur du financement, c’est aussi une grande responsabilité que je mesure et assume avec le plus grand soin.

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