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Parutions

 

Vers un diagnostic précoce de l’hyperoxalurie de type 1

 

Dans une étude publiée le 3 juillet 2008 dans la revue the New England Journal of Medicine, Dominique Bazin du Laboratoire de physique de solides (UMR 8502, Orsay) en collaboration avec Michel Daudon et Paul Jungers (Hôpital Necker-Enfants Malades, Paris) décrit les caractéristiques morphologiques des calculs rénaux de patients atteints d’hyperoxalurie primaire de type 1, la plus sévère de toutes les formes de lithiase.

 

L'hyperoxalurie primaire de type 1 est une maladie génétique rare à transmission autosomale récessive qui est caractérisée par le déficit d’une enzyme hépatique, l'alanine-glyoxylate-aminotransférase. Cette enzyme dont le co-enzyme est la vitamine B6, convertit le glyoxylate en glycine.

En son absence, le glyoxylate est transformé en oxalate qui s'accumule sous forme calcique insoluble dans le rein et d’autres organes. Les manifestations de la maladie sont : une lithiase (calculs) du rein, une néphrocalcinose (dépôt d'oxalate de calcium dans le parenchyme rénal) et une insuffisance rénale par néphrocalcinose. Les premiers signes de la maladie apparaissent entre 1 et 25 ans. 10% des personnes atteintes ont des manifestations sévères qui commencent avant l’âge d’un an : ralentissement de la croissance, néphrocalcinose, anémie et acidose métabolique. Les autres patients présentent des lithiases rénales. En l'absence de traitement, une insuffisance rénale apparaît inexorablement et aboutit au décès du malade.

Le diagnostic d'hyperoxalurie primaire est souvent orienté par l'analyse des calculs qui montrant un aspect très caractéristique. Dans cette étude, les chercheurs montrent que cette morphologie spécifique observée à l'échelle macroscopique est corrélée à un assemblage de cristallites d'oxalate de calcium très particulier qui diffère de celui observé dans d’autres cas de lithiase (voir figure). Cette corrélation souligne donc l'importance d'une description concise de la morphologie du calcul dans l'établissement d'un diagnostique médical précoce.

 

figure.article.bazin

Figure : Caractéristiques morphologiques d’un calcul typique d’un cas d’hyperoxalurie primaire de type 1 (A, B, et C) et d’un calcul commun, idiopathique (D, E, et F).

Les deux types de calculs sont composés d’oxalate de calcium.
A and D : surface des calculs déterminée par stéréomicroscopie.
B and E : stéréomicroscopie sur coupes.
C and F : microscopie électronique à balayage sur coupes.
On note une nette différence entre la structure dense et radiale du calcul de type idiopathique et celle inhomogène et lâche du calcul d’hyperoxalurie (aggrégats cristallins de différentes tailles et de différentes formes, structures sphériques d’environ 50 µm de diamètre évoquant des pelotes de laine)

 

Ce travail a été réalisé dans le cadre d’un programme de recherche mis en place par Dominique Bazin et Michel Daudon et consacré aux calcifications pathologiques. Ce programme réunit :

  • des hôpitaux comme Necker-Enfants malades (Pr. Daudon, Pr. Junger, Dr. Carpentier), Tenon (Pr Traxer), Lariboisière (Pr. De Vernejoul, Pr Liotté & Dr Hang Korng Ea) et La Pitié-Salpetrière (Dr. Brocheriou & Dr. DorfMuller) ;
  • des grands instruments comme le Laboratoire Léon Brillouin (UMR12 CNRS/CEA, G. André) et le synchrotron Soleil (D. Thiaudiere & S. Reguer) ;
  • des laboratoires de chimie du CNRS comme le CEMHTI (Conditions Extrêmes et Matériaux : Haute Température et Irradiation, CNRS UPR3079, Orléans, G. Matzen & E. Véron), le CIRIMAT (Centre interuniversitaire de recherche et d'ingénierie des matériaux, UMR5085, CNRS/INP Toulouse et Univ. Toulouse 3, C. Combes), le laboratoire Pierre Sue (UMR9956, CNRS/CEA, E. Foy) et le laboratoire des Oxydes et Fluorures (UMR6010, CNRS/Université Le Mans, A. Le Bail)

 

Le Centre de Recherches et d'Informations Scientifiques et Techniques Appliquées aux Lithiases (CRISTAL) , dirigé par M. Daudon informe sur les problèmes de lithiase urinaire, aide les biologistes dans l’interprétation des spectres infrarouges de calculs, la reconnaissance microscopique des cristaux et des calculs, et l’interprétation des examens de laboratoire.

 

En savoir plus

  • « Peculiar morphology of stones in primary hyperoxaluria »
    M. Daudon, P. Jungers & D. Bazin
    The New England Journal of Medicine (2008), 359 : 100-102

 

Contact chercheur

Equipe « Tissus et fibres biologiques »
Laboratoire de physique des solides
UMR 8502 CNRS/Université Paris 11
Université Paris 11/Paris-Sud
Bâtiment 510
91405 Orsay Cedex

 

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