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La découverte de l’hominidé Ardipithecus ramidus élue avancée scientifique de l’année 2009 par la revue Science

 

Dans son numéro du 18 décembre, la revue américaine Science vient de désigner l’avancée scientifique la plus importante de l’année 2009. Il s’agit de la découverte et de la description de l’hominidé fossile Ardipithecus ramidus, publiée le 2 octobre dernier dans cette même revue. Parmi les auteurs, des chercheurs français du CNRS, notamment Antoine Louchart, paléontologue à l’Institut de Génomique Fonctionnelle de Lyon.


Les résultats de 17 années de recherches dirigées par Tim D. White, paléontologue américain (University of California Berkeley), ont révélé les détails de l’anatomie, du mode de vie et de l’environnement de notre ancêtre Ardipithecus ramidus, qui vivait il y a 4,4 millions d’années dans la vallée du Rift de l’Afar en Ethiopie. Avec notamment la découverte d’un squelette partiel de l’individu femelle surnommé « Ardi », ces découvertes sont une étape majeure dans la recherche des origines de l’homme, plus de 30 ans après la découverte de Lucy datant d’environ 3,2 millions d’années.

A ce titre, ces travaux publiés dans la revue Science le 2 octobre dernier sous la forme de 11 articles sont sélectionnés cette semaine par cette même revue comme l’avancée scientifique la plus importante de l’année. Parmi les auteurs français, Antoine Louchart, paléontologue en postdoctorat dans l’équipe « évo-dévo de la denture chez les Vertébrés » à l’Institut de Génomique Fonctionnelle de Lyon (CNRS/Ecole normale Supérieure de Lyon/Université Lyon 1/INRA).

Antoine Louchart est le premier auteur de l’un de ces articles qui révèle des aspects importants de l’environnement d’Ar. ramidus. La connaissance de son habitat est en effet cruciale car, conjointement à l’étude de son anatomie fonctionnelle, elle permet de comprendre comment cet hominidé vivait et se déplaçait.

Par l’étude de près de 150 000 fossiles associés à Ar. ramidus, dont 10 000 fossiles d’oiseaux et autres petits vertébrés, les chercheurs ont mis en évidence un habitat de forêt claire. A. Louchart a en particulier étudié les oiseaux et l’origine de l’accumulation des micromammifères. Les oiseaux qui dominent cet assemblage sont typiques de ce type de milieu : des paons, aujourd’hui disparus d’Afrique, des inséparables, des francolins, pintades, tourterelles et bien d’autres, en tout au moins 29 espèces. Une espèce de chouette effraie, qui partageait également cet habitat, a probablement produit l’essentiel de l’accumulation des nombreux rongeurs. Après avoir chassé et ingurgité ces animaux, elle a ensuite régurgité, toujours aux mêmes endroits, des pelotes faites de leurs poils, os et dents. Ces derniers se sont ensuite fossilisés en forte concentration. Les modifications et les rares traces de corrosion sur les dents signent l’identité de ce prédateur comme responsable de cette concentration de fossiles. En sachant comment et où les rongeurs ont été chassés, il est ainsi possible d’interpréter les abondances relatives des espèces en présence. Celles-ci confirment également un environnement de forêt claire en association spatiale et temporelle très étroite avec l’hominidé Ardi et ses congénères.


Figure : Prospections du Middle Awash Research Project, l’équipe qui a découvert Ardi, dans l’Afar en Ethiopie en décembre 2003. Photo A. Louchart.

 

 

En savoir plus

  • The Breakthroughs of 2009
    Science (2009), 326 (5960):1589
    http://www.sciencemag.org/btoy2009/

  • Taphonomic, avian, and small-vertebrate indicators of Ardipithecus ramidus habitat.
    Louchart A, Wesselman H, Blumenschine RJ, Hlusko LJ, Njau JK, Black MT, Asnake M, White TD.
    Science (2009), 326 (5949): 66, 66e1-66e4.

 

Contact chercheur

Equipe Evo-dévo de la denture chez les vertébrés
Institut de génomique fonctionnelle de Lyon
UMR 5242, CNRS/ENS Lyon/Université Lyon 1/Inra
Ecole Normale Supérieure de Lyon
46, allée d'Italie
69364 Lyon Cedex 07

 

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