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L’enfant face au sein maternel : Réactions inconditionnelles à l’odeur aréolaire chez le nouveau-né

 

Le nouveau-né humain est particulièrement réactif à des substances volatiles émises par le sein maternel. C’est ce que viennent de montrer des chercheurs du Centre des Sciences du Goût (UMR 5170 CNRS) de Dijon dans un article publié le 23 octobre 2009 dans la revue PLoS ONE.

De nombreux travaux scientifiques tentent de comprendre comment les odeurs naturellement émises par le corps sont impliquées dans la communication humaine. La plupart de ces travaux portent sur l’intervention de messages odorants dans les relations de séduction entre adultes et dans la régulation de certains aspects de la physiologie reproductive. Plus récemment, on a pu montrer aussi que les relations entre enfants et parents se fondent, pour partie, sur des échanges de messages odorants.
Les chercheurs de l’Equipe d’Ethologie et de Psychologie cognitive du Centre des Sciences du Goût (UMR 5170 CNRS) de Dijon, en association avec le CHU de Dijon, ont présenté à des nouveau-nés de 3 jours des sécrétions aréolaires de femmes allaitantes tout en enregistrant leurs réponses comportementales et physiologiques. Le pouvoir réactogène de ces sécrétions aréolaires a été comparé à celui de sept autres stimulations d’origines soit humaine, soit non humaine, soit enfin artificielle. L’odeur de la sécrétion aréolaire s’est montrée nettement plus active que les stimulations de référence pour déclencher des réponses orales d’appétence et pour modifier l’activité respiratoire, dans le sens d’une augmentation de l’activité inspiratoire.

Ces réponses singulières des nouveau-nés à l’égard des sécrétions mammaires se développent indépendamment de leur exposition au sein maternel, puisque des enfants nourris au lait artificiel y répondent autant que des enfants allaités depuis la naissance. Les sécrétions de l’aréole de la femme allaitante sont donc particulièrement saillantes pour l’enfant nouveau-né, même naïf de toute expérience du sein. Elles contiennent des composés volatiles, pour le moment non identifiés, qui pourraient jouer un rôle clé dans l’ajustement initial de l’enfant au sein maternel. Ces sécrétions mammaires ont une valeur de survie immédiate puisqu’elles agissent conjointement chez l’enfant, en favorisant la succion et la prise lactée, et chez la mère. Chez cette dernière, les actions de l’enfant sur le sein promeuvent en rebond la production lactée et l’engagement de l’attachement.


article Schaal

La présentation d’une microquantité de sécrétion cutanée prélevée sur l’aréole (au niveau d’une glande de Montgomery) du sein d’une femme allaitante déclenche des réponses orales indicatrices d’appétence chez le nouveau-né (ici de 3 jours d’âge). © S Doucet.

 

En savoir plus

  • Sébastien Doucet,  Robert Soussignan, Paul Sagot et Benoist Schaal B (2009) The Secretion of Areolar (Montgomery’s) Glands from Lactating Women Elicits Selective, Unconditional Responses in Neonates.
    PLoS ONE 4(10): e7579. doi:10.1371/journal.pone.0007579


 

Contact chercheur

Centre des Sciences du Goût
UMR5170, CNRS/Université de Bourgogne
15, rue Hugues Picardet
21000 Dijon

 

 

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