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Parutions
Vers un diagnostic biologique de la glomérulonéphrite extra-membraneuse idiopathique humaine ?
Des chercheurs américains et français ont identifié l’antigène majeur ciblé dans la glomérulonéphrite extramembraneuse idiopathique, une cause d’insuffisance rénale grave. Des anticorps circulants dirigés contre le récepteur phospholipase A2 de type M (PLA2R) ont été découverts chez la majorité des patients. Cette avancée pourrait déboucher sur un test diagnostique non invasif et un meilleur suivi thérapeutique. Ces travaux ont été publiés le 2 Juillet 2009 dans la revue The New England Journal of Medicine.
La glomérulonéphrite extra-membraneuse idiopathique est l’une des causes principales des néphropathies glomérulaires de l’adulte, et peut conduire à des insuffisances rénales graves ou terminales. L’étiologie et la physiopathologie de cette maladie sont encore mal connues, mais cette dernière est caractérisée par la présence de dépôts immuns au niveau de la membrane basale glomérulaire, constitués par des auto-anticorps circulants dirigés contre un antigène présent à la surface des cellules épithéliales essentielles à la filtration glomérulaire, les podocytes. Malgré la découverte de cette forme de néphropathie glomérulaire il y a plus de 50 ans, la nature des antigènes impliqués dans la formation de ces dépôts extra-membraneux reste largement inconnue. Les travaux du groupe de Pierre Ronco ont montré que l’endopeptidase neutre des podocytes était l’antigène impliqué dans une forme sévère de glomérulonéphrite extra-membraneuse du fœtus (1). Des chercheurs américains (Université de Boston) et français (Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire, CNRS/Université de Nice Sophia Antipolis) viennent de découvrir que plus de 70% des patients adultes atteints de glomérulonéphrite extra-membraneuse idiopathique ont des auto-anticorps circulants de type IgG4 qui sont dirigés contre le récepteur phospholipase A2 de type M présent à la surface des podocytes. Ces auto-anticorps reconnaissent un ou plusieurs épitopes conformationnels du récepteur et ne sont pas présents dans d’autres néphropathies glomérulaires ou des formes secondaires de la glomérulonéphrite extra-membraneuse. De plus, leurs travaux préliminaires suggèrent une association entre le taux des auto-anticorps circulants et le stade clinique de la maladie. Ce travail apporte un éclairage nouveau vers la compréhension du mécanisme responsable de cette maladie et pourrait conduire à un test diagnostique non invasif et à un meilleur suivi thérapeutique des malades. Ce travail soulève aussi un grand nombre de questions : Ces auto-anticorps sont-ils présents dans les différentes formes de glomérulonéphrite extra-membraneuse dite « idiopathique » ? Comment sont-ils produits ? Comment perturbent-ils le fonctionnement normal des podocytes du glomérule rénal et conduisent-ils à la maladie ? Agissent-ils sur le récepteur de type M présent sur d’autres cellules du poumon, du foie ou de la rate comme les macrophages alvéolaires ou certaines autres cellules immunitaires ? Quel est le rôle de ce récepteur dans le podocyte dans des conditions normales et physiopathologiques ? Quels sont les liens avec les autres fonctions proposées pour ce récepteur (notamment dans la sénescence (2)) et avec ses ligands endogènes connus dont les phospholipases A2 sécrétées ?
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