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Parutions
Une piste nouvelle pour la dépollution des sols
Les activités humaines induisent un accroissement préoccupant de la concentration de nombreux polluants dans les milieux naturels. Ainsi, les sols et les eaux de surface sont-ils de plus en plus contaminés par de très nombreux composés chimiques d'origine industrielle tels que des dérivés toxiques de pesticides. Au cours de l'évolution, tous les organismes vivants ont développé des mécanismes de défense pouvant les protéger contre les effets délétères de composés toxiques qu'ils soient d'origine naturelle ou non. Les champignons comptent parmi les espèces qui possèdent les outils les plus performants pour survivre en présence d'une très grande variété de composés, toxiques pour la majorité des autres espèces. Les champignons possèdent en effet un métabolisme riche d'un très large éventail de réactions chimiques, ce qui leur permet de mettre en oeuvre de nombreux mécanismes de détoxication. Après avoir observé la résistance de certains champignons filamenteux vis à vis de composés de type amines aromatiques (AA), les chercheurs ont, à partir de l'espèce Podospora anserina, identifié, cloné et purifié deux enzymes de type arylamine N-acétyltransférase (NAT) impliquées dans ces mécanismes de résistance. L'une de ces enzymes, PaNAT2 s'est avérée extrêmement active vis à vis d'AA toxiques et en particulier de dérivés d'aniline, d'origine industrielle. Des expériences d'invalidation génique (souches KO) ont ensuite permis de montrer que PaNAT2 jouait le rôle essentiel dans la tolérance de P. anserina vis à vis des AA toxiques. La présence de cette enzyme confère en particulier au champignon la capacité de détoxiquer très efficacement un dérivé de pesticide trouvé dans certaines terres agricoles, la 3,4-dichloroaniline (3,4-DCA). P. anserina est une espèce non-pathogène, de manipulation aisée et de croissance contrôlée. Elle constituait donc un bon modèle pour tester l'utilisation des champignons comme outils de bioremédiation. Dans ce but, des échantillons de terre contaminée par de fortes concentrations de 3,4-DCA ont été mis en présence de P. anserina. Au bout de quelques heures, les molécules toxiques de ce dérivé d'aniline ont été largement inactivées et la terre redevenue propice à la germination de graines. L'utilisation de ce type de champignon inoffensif appliquée à la dépollution de certains sols devra désormais être testée en plein champ. ![]() Figure : Podospora anserina ©P. Silar
Unité de Biologie fonctionnelle et adaptative
Institut de génétique et microbiologie
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