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Parutions
Le précurseur des acides gras oméga-3 favoriserait la plasticité neuronale
Chez la souris, l’administration d’acide alpha-linolénique, un acide gras poly-insaturé de la famille des oméga-3 stimule la genèse de nouvelles cellules neuronales et synapses. Ces effets sont corrélés à une sécrétion de facteurs neurotrophiques, à des effets anti-dépresseurs et protecteurs contre les accidents vasculaires cérébraux. C'est ce que révèle l'étude de Nicolas Blondeau et ses collaborateurs du laboratoire « Exploration des pathologies cérébrovasculaires et thérapeutique » dirigé par Catherine Heurteaux à l’Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire dans un article publié le 29 Juillet 2009 sur le site de la revue Neuropsychopharmacology.
L’acide alpha-linolénique (ALA) est le précurseur de la famille des acides gras essentiels oméga-3. Cet acide gras poly-insaturé est certainement moins médiatique que ses dérivés à longues chaînes, les acides éicosapentaénoïque (EPA) et docosahexaénoïque (DHA). Pourtant, l’ALA est tout aussi essentiel, car une déficience dans son apport par la prise alimentaire est suspectée de favoriser l’apparition de maladies cardio- et cérébro-vasculaires comme les accidents vasculaires cérébraux de type ischémique (AVC). Les chercheurs ont utilisé des modèles animaux pour comprendre, chez l’homme, les conséquences neurobiologiques et comportementales du traitement subchronique (de durée limitée) à l’ALA. Cette nouvelle étude montre que ce traitement augmente la résistance à un accident ischémique transitoire, que ce soit en pré-traitement (réduction de l’infarctus post-ischémique observé 24 heures après une occlusion de l’artère cérébrale moyenne) ou en post-traitement (triplement du taux de survie des animaux à 10 jours après ischémie par rapport aux animaux non traités). Ces effets à long terme seraient liés à la capacité du traitement subchronique de favoriser la plasticité neuronale, qui contribue à la réparation du cerveau après un AVC. En effet, ce traitement augmente par lui-même la neurogenèse et la synaptogenèse. Ces phénomènes ont été corroborés par des données de biochimie et de biologie moléculaire comme l’expression de protéines impliquées dans les fonctions synaptiques telles que synaptophysine-1, VAMP-2, SNAP-25, ainsi que les protéines favorisant la neurotransmission glutamatergique comme V-GLUT1 et V-GLUT2. Ces effets ont aussi été corrélés à une augmentation du facteur neurotrophique BDNF (Brain derived neurortrophic factor) in vivo, mais aussi in vitro dans des cellules souches neurales et des cultures d’hippocampe in vitro. La modulation de la plasticité neuronale et l’expression de facteurs neurotrophiques comme BDNF sont décrites comme ayant un rôle anti-dépresseur. Cette étude montre qu’un traitement subchronique à l’ALA bénéficie des mêmes caractéristiques anti-dépressives. Les souris traitées à l’ALA ont un comportement dépressif considérablement atténué par rapport aux animaux non-injectés. Cette étude révèle une nouvelle facette de l’acide alpha-linolénique qui pourrait s’avérer d’importance en terme de stimulation de la récupération fonctionnelle chez les patients ayant subi un AVC.
![]() Figure : Courtoisie du Dr. N. Blondeau et © Franck Aguila
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