CNRS : Centre National de la Recherche Scientifique
Liens utiles CNRSLe CNRSAnnuairesMots-Clefs du CNRSAutres sites
Accueil Sciences du vivant - Centre National de la recherche scientifiqueAccueil Sciences du vivant - Centre National de la recherche scientifique
  Accueil > La recherche en sciences du vivant > Parutions >Chacune de nos expériences olfactives...

sur ce site :

Parutions

 

Chacune de nos expériences olfactives trace son chemin dans notre cerveau

 

Chaque expérience olfactive est stockée de manière spécifique dans notre cerveau et une même odeur peut réactiver des réseaux nerveux différents en fonction de l’expérience vécue.
C’est ce que viennent de montrer des chercheurs et ingénieurs du laboratoire Neurosciences sensorielles, comportement, cognition (UMR 5020, CNRS/Université Lyon 1) dans un article publié le 19 Août 2009 dans la revue américaine The Journal of Neuroscience.

 

Les chercheurs du groupe Neurobiologie des émotions et de la mémoire olfactive, au sein du laboratoire Neurosciences sensorielles, comportement et cognition (UMR 5020, CNRS/Université Lyon 1) étudient les processus neurobiologiques qui pourraient justifier le fait que les odeurs sont aussi propices à l’évocation des souvenirs.

L’approche expérimentale utilise l’aptitude que nous avons, en commun avec les rongeurs, à développer une aversion alimentaire pour une nourriture qui nous a rendus malades. Ce comportement qui nous est familier repose sur l’association que nous avons faite dans notre cerveau entre les caractéristiques sensorielles de cet aliment et les conséquences négatives de son ingestion.

Dans cette étude, deux groupes de rats sont ainsi invités à consommer une solution associée à un stimulus olfactif. Puis, on administre à ces animaux une substance qui induit un malaise gastrique. Les chercheurs observent alors que les animaux, après avoir récupéré de leur état nauséeux, évitent soigneusement de consommer cette solution lorsqu’elle leur est présentée à nouveau. De façon intéressante, ce comportement d’évitement peut être obtenu de deux façons différentes. Pour le premier groupe d’animaux, lorsque la solution est présentée pour la première fois, l’odeur est délivrée à proximité immédiate du point de consommation de la solution. Pour le second groupe d’animaux, on introduit en plus l’odeur dans la solution, de façon à ce que l’animal l’ait en bouche mais à une concentration telle qu’elle ne modifie pas le goût de la solution. Après induction du malaise, la seule présentation de l’odeur conduit à un évitement de la solution et ce, de façon identique, pour les deux groupes.

L’aspect original du travail est que ces animaux sont porteurs d’électrodes intracérébrales implantées à demeure dans plusieurs structures. On peut ainsi suivre en direct les modifications d’activité cérébrale qui accompagnent la mise en place de l’association entre l’odeur et le malaise. Les chercheurs montrent ainsi que, lors du test d’évitement de la solution, le réseau nerveux réactivé par l’odeur chez les animaux qui ont mis l’odeur en bouche est différent de celui réactivé chez ceux qui ont expérimenté l’odeur sans la consommer.

Cette étude illustre donc le concept selon lequel les représentations sensorielles que nous construisons du monde qui nous entoure sont spécifiques de la manière dont nous en faisons l’expérience.


article N-Ravel

Figure : Enregistrements électrophysiologiques réalisés en parallèle dans différentes zones du cerveau lors de la présentation de l’odeur devenue aversive. Le trait rouge en haut figure l’échantillonnage de l’odeur par l’animal. Lors de sa présentation, l’odeur induit des bouffées d’activité oscillatoires (signalées par les cercles de couleur) dans certaines structures du réseau impliquées fonctionnellement dans le traitement du stimulus. (OB : Bulbe olfactif, OFc : Cortex Orbitofrontal, APc : Cortex olfactif, IL : Cortex Infralimbique, IG et IA : deux zones différenciées du cortex Insulaire, BLA : Amygdale Basolatérale).
©Chapuis et al.

 

En savoir plus

  • The way an odor is experienced during aversive conditioning determines the extent of the network recruited during retrieval : a multisite electrophysiological study in rats.
    J. Chapuis, S. Garcia, B. Messaoudi, M. Thevenet, G. Ferreira, R. Gervais, N. Ravel
    The Journal of Neuroscience (2009), 29 (33) : 10287-10298

 

Contact chercheur

Laboratoire Neurosciences sensorielles, comportement, cognition
UMR 5020, CNRS/Université Lyon 1
50 avenue Tony Garnier
69366 Lyon Cedex 07

 

Accueil du Sitecontactimprimer Plan du sitecredits