CNRS : Centre National de la Recherche Scientifique
Liens utiles CNRSLe CNRSAnnuairesMots-Clefs du CNRSAutres sites
Accueil Sciences du vivant - Centre National de la recherche scientifiqueAccueil Sciences du vivant - Centre National de la recherche scientifique
  Accueil > La recherche en sciences du vivant > Parutions > Un nouveau modèle d’étude pour la rétinopathie diabétique

sur ce site :

Parutions

 

Un nouveau modèle d’étude pour la rétinopathie diabétique

 

Dans un article publié dans Investigative Ophtalmology & Visual Science, des chercheurs de l’Institut des neurosciences cellulaires et intégratives (INCI) du CNRS, du Centre de recherche des Cordeliers (Inserm/Université Pierre et Marie Curie/Université Paris Descartes), de l’Institut supérieur de biotechnologie Sidi Thabet et de l’Université de la Manouba en Tunisie, ont démontré que le rat des sables constitue un modèle animal nouveau et original pour décrypter les subtilités de la rétinopathie diabétique chez l’Homme, une maladie quasiment asymptomatique jusqu’à l’apparition des complications les plus dévastatrices.

 

La rétinopathie diabétique est la quatrième cause de cécité dans le monde et la première cause de perte de la vue chez les adultes en âge de travailler, qui sont de première importance sur le plan humain et économique.

De nombreuses recherches s’attachent à comprendre les modifications vasculaires qui représentent les premiers signes cliniques de la maladie. Ces perturbations de la circulation sanguine n’apparaissent pourtant que tardivement dans le développement de la maladie et sont très souvent associées aux complications les plus graves. Il est donc crucial de prendre le problème beaucoup plus en amont.

Plusieurs travaux ont mis en évidence l’atteinte précoce des photorécepteurs de type « cône » chez les patients présentant une rétinopathie diabétique (1, 2), mais aucun modèle animal n’a encore permis d’étudier en détail cette caractéristique de la pathologie.

Les chercheurs de l’INCI et leurs collaborateurs ont, pour la première fois, démontré l’intérêt de Psammomys obesus dans la compréhension de la rétinopathie diabétique. Ce rongeur diurne était déjà connu pour son aptitude à développer un syndrome métabolique, tel que le diabète. Sans manipulation génétique ou pharmacologique, mais simplement grâce à une alimentation excessive, les scientifiques sont parvenus à mettre en évidence que Psammomys obesus peut également développer une rétinopathie diabétique de type 2, similaire à celle de l’Homme.

Des changements vasculaires à la mort neuronale, en passant par les perturbations de la barrière hémato-rétinienne, les symptômes de la maladie sont très proches de ceux retrouvés chez l’Homme et les photorécepteurs de type « cône » sont particulièrement atteints. Cette étude montre donc que le petit rongeur est potentiellement utile dans la compréhension du lien entre diabète et perte visuelle qui caractérise la rétinopathie diabétique.

 


Figure : Rétines entières, montées à plat, de Psammomys obesus contrôle (A, B) et diabétique (C, D). A gauche, les vaisseaux sont colorés par une lectine couplée à un fluorochrome rouge et à droite, par un anticorps anti-actine de muscle lisse couplé à un fluorochrome vert. L’actine de muscle lisse est caractéristique des « péricytes », cellules essentielles au bon fonctionnement des vaisseaux sanguins. Alors que les deux marquages des vaisseaux de la rétine contrôle sont pratiquement superposables, les péricytes sont quasiment absents dans la rétine diabétique, comme c’est le cas chez l’Homme. © INCI, David Hicks




Notes

  • (1) Aldose reductase localization in human retinal mural cells, Akagi, Kador, Kuwabara, Kinoshita. Investigative Ophthalmology Visual Science (1983), 24(11):1516-1519.
  • (2) Pericytes and the pathogenesis of diabetic retinopathy, Hans-Peter Hammes, Jihong Lin, Olivier Renner, Moshe Shani, Andrea Lundqvist, Christer Betsholtz, Michael Brownlee, Urban Deutsch, Diabetes (2002), 51(10):3107-3112.

 

En savoir plus

  • The sand rat, Psammomys obesus, develops type 2 diabetic retinopathy similar to humans, Tounès Saïdi, Sihem Mbarek, Samy Omri, Francine Behar-Cohen, Rafika Ben Chaouacha-Chekir, David Hicks, Investigative Ophthalmology & Visual Science (2011), 52(12):8993-9004, doi:10.1167/iovs.11-8423.

 

Contact chercheur

  • David Hicks
    Institut des neurosciences cellulaires et intégratives (INCI)
    UPR 3212 CNRS
    Centre de Neurochimie
    5 rue Blaise Pascal
    67084 Strasbourg Cedex

 

Accueil du Sitecontactimprimer Plan du sitecredits