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Parutions

 

Prolonger les effets de la stimulation cérébrale profonde

 

La stimulation cérébrale profonde est une technique qui permet de remédier aux troubles moteurs développés par les patients atteints de la maladie de Parkinson. Des chercheurs de l'Institut des maladies neurodégénératives (IMN, CNRS/Université Bordeaux Segalen) et leurs collaborateurs allemands (Centre de recherche de Jülich/Université de Cologne) viennent de mettre en lumière une autre technique encore plus efficace sur le long terme, le reset coordonné. Ce travail a été publié dans la revue Annals of Neurology.

 

La maladie de Parkinson touche environ 150 000 personnes en France. Dans les stades précoces de la maladie, le traitement médicamenteux permet un bon contrôle des premiers symptômes. Cette phase, qui peut durer de cinq à dix ans, est appelée « lune de miel ». Après cette période initiale, la prise en charge des troubles liés à la fluctuation de la motricité, une alternance entre un état bloqué et des mouvements involontaires induits par le traitement, s'avère cependant compliquée.

La stimulation cérébrale profonde (SCP) a été mise au point au cours des années 90 pour traiter ces complications motrices chez les patients parkinsoniens. Cette technique révolutionnaire consiste en l'application d'impulsions électriques via des électrodes placées dans les structures profondes du cerveau, comme le noyau sous-thalamique. L'effet de la SCP sur les troubles parkinsoniens est immédiat une fois la stimulation déclenchée, mais les signes pathologiques réapparaissent rapidement après son arrêt. A ce jour, plus de 100 000 patients parkinsoniens ont déjà bénéficié de cette intervention dans le monde entier.

Les protocoles de la SCP ont été développés de manière empirique et ne tiennent pas compte des progrès récents de la recherche dans la compréhension de la physiopathologie de la maladie, notamment la synchronisation anormale de l'activité neuronale du cerveau. Pour pallier ce constat et réduire cette mauvaise synchronisation de manière soutenue, au-delà de l'arrêt de la stimulation, les scientifiques de l'IMN et leurs associés allemands ont testé le concept du reset coordonné (RC) dans le cadre de la maladie de Parkinson.

Cette technique, développée par Peter Tass (Centre de recherche de Jülich/Université de Cologne), consiste en l'application de brefs trains de pulses à travers des électrodes de stimulation placées dans le noyau sous-thalamique. Une étude de modélisation a montré que l'effet du RC était plus marqué sur la synchronisation en utilisant de faibles intensités, plus faibles que celles nécessaires à l'amélioration des signes parkinsoniens avec la SCP.

Les chercheurs ont alors comparé expérimentalement les effets du RC et de la SCP sur un modèle primate de la maladie de Parkinson. Les animaux ont reçu le RC ou la SCP pendant deux heures par jour, pendant cinq jours consécutifs. Les effets de chacune de ces deux techniques ont été mesurés durant 90 minutes, immédiatement après la fin de chaque session de RC ou de SCP et les jours suivants le dernier épisode de stimulation. En accord avec les résultats théoriques, le RC de faible intensité a été bénéfique jusqu'à 35 jours après la dernière session de RC, alors que les bénéfices de la SCP étaient limités aux 30 minutes suivant la fin de la stimulation.

Cette observation d'un effet soutenu de RC représente un espoir majeur dans le traitement des signes moteurs présentés par les patients parkinsoniens.



 

Figure : Le schéma de gauche illustre le placement de l'électrode de stimulation dans le noyau sous-thalamique. Dans le cas de la stimulation cérébrale profonde classique (à droite, en haut), des impulsions électriques sont appliquées à haute fréquence (habituellement 130 Hz) via l'un des contacts de l'électrode de stimulation (contact 2 dans l'exemple). Au contraire, dans le reset coordonnée (à droite, en bas), de brefs trains de stimulation sont délivrés à différents temps via les différents plots de l'électrode de stimulation. L'ordre des trains de stimulation est randomisé. Trois cycles de reset coordonnée sont suivis par deux cycles de pause. © IMN, Wassilios Meissner

 

 

 

En savoir plus

  • Coordinated reset has sustained after effects in parkinsonian monkeys, Peter Tass, Li Qin, Christian Hauptmann, Sandra Dovero, Erwan Bezard, Thomas Boraud, Wassilios Meissner, Annals of Neurology, doi:10.1002/ana.23663.

 

Contact chercheur

  • Wassilios Meissner
    Institut des maladies neurodégénératives (IMN)
    UMR5293 CNRS/Université Bordeaux Segalen
    Université Bordeaux Segalen
    Bâtiment 3b - Case 28
    146 rue Léo Saignat
    33076 Bordeaux Cedex

 

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