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L'épigénétique au service des maladies négligées


L'identification de nouveaux candidats-médicaments potentiellement efficaces contre la schistosomiase a mis en exergue l'intérêt de cibler l'épigénome des pathogènes pour traiter les maladies négligées qui affectent des millions de personnes à travers le monde. Ce travail a été publié dans PLoS Pathogens par des chercheurs de l'Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (CNRS/Inserm/Université de Strasbourg) et du Centre d'infection et d'immunité de Lille (CNRS/Inserm/Institut Pasteur Lille/Université Lille 2), en collaboration avec l'Université Albert-Ludwig de Fribourg-en-Brisgau en Allemagne, l'Université Martin-Luther de Halle-Wittenberg en Allemagne et le Centre de recherche René Rachou de Belo Horizonte au Brésil.

 

De nombreuses infections tropicales particulièrement endémiques dans les populations à faible revenu en Afrique, en Asie et en Amérique du sud sont dites « négligées », car l'industrie pharmaceutique ne leur prête que peu d'attention en raison de la faible rentabilité économique de la mise sur le marché de nouveaux traitements. Ces maladies, dont la plus connue est certainement le paludisme, font pourtant des centaines de milliers de morts chaque année et ont un impact considérablement négatif sur l'économie mondiale, car elles réduisent la productivité des adultes dans la population active et maintiennent les sujets infectés dans un état de pauvreté et de maladie.

Le paludisme reçoit de plus en plus l'attention des autorités sanitaires et des chercheurs qui s'attardent à développer des stratégies thérapeutiques adaptées aux populations infectées. Mais il n'en n'est pas de même pour les autres maladies négligées, pour lesquelles il n'existe pas de traitement efficace sur le long terme, évitant l'apparition de nouvelles souches résistantes. C'est notamment le cas de la schistosomiase, provoquée par des vers parasites du genre Schistosoma. Cette maladie est responsable de la mort de plus de 300 000 personnes par an. On compte 200 millions d'individus atteints de la schistosomiase dans le monde et 800 millions de sujets présentant un risque d'infection.

Dans le cadre du projet « SEtTReND : Epigénétique des schistosomiases - cibles thérapeutiques, régulation et nouveaux traitements », impliquant l'Europe et le Brésil, les chercheurs sont parvenus à mettre en évidence, par le biais d'une approche multidisciplinaire, des candidats-médicaments spécifiquement dirigés contre l'histone déacétylase 8 (HDAC 8) des vers du genre Schistosoma. Cette HDAC fait partie des enzymes dites « épigénétiques », qui permettent aux cellules de s'adapter à leur environnement. Selon les chercheurs, ces candidats-médicaments pourraient également être actifs contre de nombreux autres vers pathogènes, tels que les ténias par exemple, ou encore ceux qui provoquent la douve du foie.

Dans la continuité du projet « SEtTReND », qui s'est achevé en 2012, le projet « A-ParaDDisE : identification de traitements épigénétiques anti-parasitaires » associera, à partir de 2014, un grand nombre de laboratoires européens, brésiliens et australiens pour tenter de mettre au jour des molécules d'intérêt destinées à interférer avec les mécanismes épigénétiques qui animent les parasites de la schistosomiase mais aussi d'autres maladies négligées comme le paludisme, la trypanosomiase et la leishmaniose.



 

Figure : Représentation schématique de l'interaction entre le médicament anti-cancéreux SAHA (en orange) et l'enzyme épigénétique HDAC 8 humaine (en bleu) ou de schistosomes (en vert). Les différences observées entre ces deux modes d'interaction ont permis de mettre en évidence des candidats-médicaments spécifiquement dirigés contre la HDAC 8 des schistosomes. En se liant à la HDAC 8, la molécule J1075 (en rose) provoque la mort des larves de schistosomes et le désappariement des couples de vers, qui restent normalement appariés tout au long de leur vie et produisent chez leur hôte des dizaines de milliers d'œufs responsables des effets de la schistosomiase. © Christophe Romier, Raymond Pierce




En savoir plus

  • Structural basis for the inhibition of histone deacetylase 8 (HDAC8), a key epigenetic player in the blood fluke Schistosoma mansoni, Martin Marek, Srinivasaraghavan Kannan, Alexander-Thomas Hauser, Marina Moraes Mourão, Stéphanie Caby, Vincent Cura, Diana Stolfa, Karin Schmidtkunz, Julien Lancelot, Luiza Andrade, Jean-Paul Renaud, Guilherme Oliveira, Wolfgang Sippl, Manfred Jung, Jean Cavarelli, Raymond Pierce, Christophe Romier, PLoS Pathogens (2013), 9(9):e1003645, doi: 10.1371/journal.ppat.1003645.

 

Contact chercheurs

  • Christophe Romier
    Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC)
    UMR7104 CNRS/Inserm/Université de Strasbourg
    1 Rue Laurent Fries - BP 10142
    67404 Illkirch Cedex
  • Raymond Pierce
    Centre d'infection et d'immunité de Lille (CIIL)
    UMR8204 CNRS/Inserm/Institut Pasteur Lille/Université Lille 1
    Institut Pasteur de Lille
    1 rue du Professeur Calmette
    59019 Lille Cedex

 

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