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Parutions

 

Des dents à crêtes pour mieux manger les végétaux fibreux

 

La surexpression d'un seul gène chez la souris suffit à provoquer l'apparition de nouvelles crêtes sur ses molaires. Cette transformation, qui lui permet d'accéder à un nouveau régime alimentaire, plus riche en végétaux et en fibres, a été mise en œuvre et caractérisée par des biologistes de l'évolution, des généticiens et des paléontologues, encadrés par Laurent Viriot de l'Institut de génomique fonctionnelle de Lyon (CNRS/ENS Lyon/Université Claude Bernard Lyon 1). Le travail de ces chercheurs a été récemment publié dans la revue Nature Communications.

 

Les dents des rongeurs sont un terrain d'investigation hors pair pour les biologistes. Leur étude permet non seulement de comprendre l'origine de malformations dentaires héréditaires chez l'Homme, mais aussi d'identifier des modifications génétiques potentiellement responsables de l'évolution morphologique des espèces.

L'Homme possède des molaires au relief peu prononcé et un régime alimentaire généraliste. Le régime alimentaire de la souris est quasiment identique, bien que ses molaires présentent un relief plus marqué. Le groupe international de chercheurs piloté par Laurent Viriot a démontré que la surexpression d'un seul gène chez la souris permet à cette dernière d'acquérir des dents avec de nouvelles crêtes et ainsi, d'accéder à un régime alimentaire potentiellement plus végétarien et plus fibreux.

La transformation observée chez les souris mutantes après surexpression de ce gène mime parfaitement une transformation bien connue des paléontologues qui s'est produite de nombreuses fois au cours de l'évolution des rats et des souris, lors de leur installation dans des milieux plus ouverts. Mais Helder Gomes Rodrigues, premier auteur de l'étude, souligne de manière étonnante que la surexpression de ce gène chez l'Homme ne conduit pas aux mêmes modifications dentaires et provoque une sinodontie qui atteint principalement les incisives, un mystère qui demande encore à être creusé !


 

Figure : Morphologie comparée des premières molaires supérieures d'une souris de type sauvage (a), d'une souris transgénique portant une surexpression du gène Edar (b) et d'une souris du genre fossile Stephanomys présentant des crêtes longitudinales (c). © IGFL



En savoir plus

  • Roles of dental development and adaptation in rodent evolution, Helder Gomes Rodrigues, Sabrina Renaud, Cyril Charles, Yann Le Poul, Floréal Solé, Jean-Pierre Aguilar, Jacques Michaux, Paul Tafforeau, Denis Headon, Jukka Jernvall, Laurent Viriot, Nature Communications (2013), 4:2504, doi:10.1038/ncomms3504.

 

Contact chercheurs

  • Laurent Viriot
  • Helder Gomes Rodrigues
    Institut de génomique fonctionnelle de Lyon (IGFL)
    UMR5242 CNRS/ENS Lyon/ Université Claude Bernard Lyon 1
    Ecole normale supérieure de Lyon
    46, allée d'Italie
    69364 Lyon Cedex 07

 

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