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Parutions
Pleins phares sur le canal excréteur d'un ver
Le ver Caenorhabditis elegans est un modèle prisé pour l'étude du développement embryonnaire. Alors qu'il était encore mystérieux, le processus de formation du canal excréteur de ce ver vient d'être élucidé par l'équipe de Michel Labouesse à l'Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC, CNRS/Inserm/Université de Strasbourg). Ces travaux publiés dans Nature Cell Biology ont également mis en évidence un facteur de transcription qui régule l'expression de gènes essentiels à ce processus et qui correspond, chez l'Homme, à un acteur clé de la genèse du système lymphatique.
L'étude de vers mutants a par ailleurs révélé l'importance cruciale du gène PROS-1 dans la genèse du canal excréteur de C. elegans. Ce gène code pour une protéine particulière, nommée facteur de transcription, qui se fixe à l'ADN et active la transcription de gènes cibles à différents stades de la vie larvaire. Le facteur PROS-1 régule notamment l'expression de plusieurs gènes impliqués dans la réponse au stress osmotique ainsi qu'un gène codant pour les filaments intermédiaires. Ces derniers forment un réseau qui guide l'élongation du canal vers les extrémités du petit animal. En l'absence de ces filaments, le développement complet du canal excréteur devient impossible. Alors que jusqu'à présent les organes collecteurs de fluides chez les vers ronds étaient considérés comme apparentés au rein chez les mammifères, la comparaison des séquences génétiques de l'Homme et de C. elegans a suggéré qu'ils seraient en réalité apparentés au système lymphatique. En effet, PROS-1 est l'analogue de Prox1 chez les humains, un facteur de transcription qui contrôle le développement du système lymphatique. La conservation de ces séquences au cours de l'évolution atteste de l'importance de cette protéine dans la formation d'organes dont la fonction est de drainer les excès de liquides au niveau des tissus. Chez les vertébrés, le système lymphatique est en outre chargé de la circulation des cellules de l'immunité et semble jouer un rôle déterminant dans la dissémination des cellules cancéreuses. La caractérisation de nouveaux gènes cibles du facteur de transcription PROS-1 chez C. elegans permettrait ainsi d'en apprendre davantage sur le développement et la physiologie du système lymphatique chez les mammifères et chez l'Homme en particulier.
![]() Figure : Reconstitution en trois dimensions, grâce à la tomographie électronique, de la cellule unique du canal excréteur de C. elegans. C'est à partir de cette cellule que le canal s'allonge jusqu'aux extrémités du ver. © Nature Cell Biology (2013)
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