CNRS : Centre National de la Recherche Scientifique
Liens utiles CNRSLe CNRSAnnuairesMots-Clefs du CNRSAutres sites
Accueil Sciences du vivant - Centre National de la recherche scientifiqueAccueil Sciences du vivant - Centre National de la recherche scientifique
  Accueil > La recherche en sciences du vivant > Parutions >Une nouvelle avancée majeure dans le diagnostic de la glomérulonéphrite extra-membraneuse idiopathique

sur ce site :

Parutions

 

Une nouvelle avancée majeure dans le diagnostic de la glomérulonéphrite extra-membraneuse idiopathique

 

Des chercheurs de l'Institut de pharmacologie moléculaire et cellulaire, du CHU de Nice, du centre médical universitaire de Hambourg et de l'Université de Boston viennent de découvrir un deuxième auto-antigène (THSD7A) impliqué dans la glomérulonéphrite extra-membraneuse idiopathique, une maladie auto-immune rénale rare mais grave. Ces chercheurs avaient déjà identifié en 2009 le premier antigène (PLA2R1) de cette maladie. Cette découverte permet de définir deux groupes de patients atteints, dont 70% associés à PLA2R1 et 5 à 10% associés à THSD7A. Les patients PLA2R1 sont déjà mieux pris en charge, et cette nouvelle avancée devrait rapidement déboucher sur un autre test diagnostique non invasif et un meilleur suivi thérapeutique des patients THSD7A. Ces travaux sont publiés dans la revue New England Journal of Medicine.

La glomérulonéphrite extra-membraneuse (GEM) est l'une des causes principales de syndrome néphrotique de l’adulte, pouvant nécessiter une greffe rénale avec un risque élevé de récidive sur greffon (30 à 40%). Elle est classiquement diagnostiquée par biopsie rénale, avec la présence de dépôts de complexes immuns au niveau de la membrane basale glomérulaire et un épaississement de la membrane des capillaires glomérulaires. La GEM est caractérisée par son hétérogénéité étiologique avec des formes primaires et secondaires. La forme primaire, dite idiopathique, représente 85 % des cas. Elle est considérée comme une maladie auto-immune avec la présence d'auto-anticorps circulants chez les patients. L'évolution de la GEM idiopathique est hétérogène, avec des rémissions spontanées, des formes symptomatiques modérément actives, et des formes sévères conduisant à la perte du rein. La découverte des auto-antigènes impliqués dans la maladie est un objectif majeur, et doit permettre un meilleur diagnostic et une meilleure prise en charge des patients.
En 2009, la première étude réalisée par les chercheurs américains et français1 avait montré que 70 % des patients ont des auto-anticorps dirigés contre le récepteur PLA2R1, un constituant normal du glomérule rénal. Il s'agissait donc de l'antigène majeur, mais il restait à découvrir les antigènes pour les autres patients (30%), négatifs pour PLA2R1. La nouvelle étude des chercheurs de l'Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire (IPMC, CNRS et Université Nice Sophia Antipolis), du CHU de Nice, du centre médical universitaire de Hambourg (University Medical Center Hamburg-Eppendorf, Allemagne) et de l'Université de Boston (Boston University School of Medicine, USA), réalisée sur plus de 500 patients, montre que 5 à 10% de ceux-ci ont des auto-anticorps dirigés contre le récepteur THSD7, lui aussi normalement présent dans le glomérule rénal. De façon remarquable, les patients n'ont jamais les deux types d'auto-anticorps, anti-PLA2R1 et anti-THSD7A. Ceci porte donc à environ 80% le nombre de cas associés à un auto-antigène connu, permet de définir deux groupes de patients distincts, et suggère que la GEM idiopathique a deux étiologies différentes, l'une liée à PLA2R1, l'autre à THSD7A. Les deux types d'auto-anticorps reconnaissent des épitopes conformationnels sur chaque récepteur et ne sont pas présents dans d’autres néphropathies glomérulaires ou des formes secondaires de GEM. De plus, le taux d'auto-anticorps circulants est associé au stade clinique de la maladie et pourrait permettre de prédire l'évolution de la maladie.
Ce travail apporte un éclairage nouveau vers la compréhension des mécanismes responsables de cette maladie et devrait conduire à des tests diagnostiques plus systématiques, non invasifs, pour un meilleur suivi des patients, et permettant de choisir une thérapie adaptée à ces formes auto-immunes, que ce soit avant ou après la greffe rénale.

1. Beck, LH, Jr., Bonegio, RG, Lambeau, G, Beck, DM, Powell, DW, Cummins, TD, Klein, JB, Salant, DJ: M-type phospholipase A2 receptor as target antigen in idiopathic membranous nephropathy. N Engl J Med, 361: 11-21, 2009.




Figure : Co-localisation des auto-anticorps IG4 (vert) avec le récepteur THSD7A (rouge) dans le glomérule rénal. DRAQ5 (bleu) est un marqueur de l'ADN nucléaire. En bas à droite: superposition des 3 marquages. Données fournies gracieusement par Udo Hemlchen (Hôpital Universitaire d'Hambourg, Allemagne).

© Udo Hemlchen

 

En savoir plus

  • Thrombospondin Type-1 Domain-Containing 7A in Idiopathic Membranous Nephropathy.
    Tomas NM, Beck LH Jr, Meyer-Schwesinger C, Seitz-Polski B, Ma H, Zahner G, Dolla G, Hoxha E, Helmchen U, Dabert-Gay AS, Debayle D, Merchant M, Klein J, Salant DJ, Stahl RA, Lambeau G.
    N Engl J Med. November 13, 2014DOI: 10.1056/NEJMoa1409354


Contact chercheur

  • Gérard Lambeau

    Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire
    UMR7275. CNRS et université de Nice Sophia Antipolis
    660 Route des lucioles
    06560 Valbonne

    Tél : 04 93 95 77 33

Accueil du Sitecontactimprimer Plan du sitecredits