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Quand la cyclicité sexuelle s’affranchit de la croissance des follicules ovariens et de l’ovulation

 

La survie des ovocytes et leurs interactions avec les cellules somatiques au sein des follicules ovariens conditionnent la fertilité et l’activité endocrine de l’ovaire. L’étude d’un nouveau modèle murin d’insuffisance ovarienne prématurée, menée conjointement par des chercheurs de l’Institut Pasteur et de l’Université Paris Diderot, apporte un nouvel éclairage sur ces deux aspects encore mal connus de la physiologie ovarienne. Publiée dans Cell Death and Differentiation, cette étude identifie le rôle clé du gène Omcg1 dans le maintien de l’intégrité du génome de l’ovocyte. Elle montre aussi qu’un remodelage du tissu ovarien après la perte ovocytaire permet, de façon étonnante, d’assurer une activité endocrine cyclique et ceci en absence de toute croissance folliculaire.

 

Le stock d’ovocytes est constitué très tôt au cours de la vie de la femelle et toute atteinte de ce stock compromet la fertilité. Comprendre les mécanismes qui contrôlent l’intégrité du génome ovocytaire est donc crucial pour mieux préserver la capacité reproductive. L’ovogenèse est caractérisée par une croissance spectaculaire de l’ovocyte nécessitant une intense activité transcriptionnelle. Le gène Omcg1 (Ovum mutant candidate gene 1) est impliqué dans plusieurs processus co-transcriptionnels tels que l’épissage des ARN messagers ou la réparation couplée à la transcription. Dans cette étude,des chercheurs de l’Institut Pasteur et de l’Université Paris Diderot, ont utilisé un système d’invalidation leur permettant d’éliminer spécifiquement le gène Omcg1 dans l’ovocyte. Cette invalidation induit des dommages à l’ADN et la mort rapide de l’ovocyte. Ceci montre qu’un contrôle précis du métabolisme de l’ARN est requis pour le maintien de l’intégrité du génome ovocytaire. De plus, par des approches pharmacologiques reposant sur l’administration d’imatinib (ou Gleevec®), un inhibiteur des récepteurs à tyrosine kinase, ce travail met en évidence, pour la première fois dans l’ovaire adulte, l’implication de la protéine suppresseur de tumeur TAp63 et de sa phosphorylation par le récepteur à tyrosine kinase c-Abl dans le processus de mort ovocytaire suite aux dommages à l’ADN.
L’invalidation d’Omcg1 conduit à un blocage précoce de la croissance des follicules ovariens, dès le stade follicule primaire, et à une stérilité complète des femelles faute d’ovulation. Ce nouveau modèle d’insuffisance ovarienne prématurée présente plusieurs particularités étonnantes d’un point de vue de la physiologie ovarienne. En effet, la stéroidogenèse y est maintenue avec un niveau circulant normal d’œstradiol. Les chercheurs montrent que la perte ovocytaire induit un remodelage à la fois morphologique et fonctionnel du tissu ovarien qui est à l’origine de cette production d’œstradiol. Plus surprenant encore, l’insuffisance ovarienne s’accompagne du maintien de la cyclicité sexuelle. Les femelles sont, en effet, réceptives au mâle et présentent des variations cycliques des concentrations d’œstradiol et du poids du tractus génital, une cible des oestrogènes. Ainsi, cette étude bouscule le dogme selon lequel la cyclicité sexuelle est étroitement dépendante du rythme de la croissance et de la différenciation des follicules ovariens. Elle pose la question de l’existence d’une horloge ovarienne, indépendante de l’intégrité des follicules, qui participerait à la rythmicité de l’activité reproductive.
L’ensemble de ces travaux ouvre de nouvelles perspectives pour mieux comprendre la biologie de l’ovocyte et l’endocrinologie ovarienne.

 

Figure : Ovaires d’une souris adulte témoin et d’une souris adulte mutante pour le gène Omcg1 dont les ovocytes en phase de croissance sont colorés en bleu. Noter la taille réduite de l’ovaire mutant et l’absence d’ovocytes de grande taille.

Shéma : Caractéristiques reproductives des souris avec une invalidation ovocytaire du gène Omcg1, un nouveau modèle d’insuffisance ovarienne prématurée.

© Joëlle Cohen-Tannoudji. Michel Cohen-Tannoudji.

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Contact chercheurs

  • Michel Cohen-Tannoudji
    Génétique fonctionnelle de la souris
    Département Biologie du Développement
    et cellules souches
    Institut Pasteur
    25 Rue du Dr. Roux
    75015 Paris
    Tel: 01 45 68 84 86

  • Joëlle Cohen-Tannoudji
    Equipe Physiologie de l'Axe Gonadotrope
    Biologie Fonctionnelle et Adaptative
    CNRS UMR 8251-INSERM U 1133
    Université  Paris Diderot-
    4, rue MA Lagroua Weill-Hallé
    75205 Paris cedex 13

    Tel : 33 1 57 27 84 00



 

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