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Le marron d’inde est toxique pour les tumeurs cérébrales


Le glioblastome, une tumeur cérébrale particulièrement agressive, reste une des formes les plus létales de cancer chez l’homme Par une approche de crible fonctionnel de plus de 1200 composés chimiques et molécules naturelles, l’équipe de Julie Gavard du Centre de Recherche en Cancérologie de Nantes-Angers, a identifié l’escine du marron d’inde comme une molécule toxique pour les glioblastomes, en ciblant sélectivement les cellules tumorales de type souche. Cette étude est publiée dans la revue Oncotarget.


Dans les pays occidentaux, moins de 3% des patients diagnostiqués chaque année pour une tumeur du cerveau maligne (glioblastome) survivront plus de 5 ans, tandis que la survie médiane n’excède pas 18 mois. Par conséquent, ce cancer reste l’un des plus mortels chez l’homme. Les traitements actuels font appel à une chirurgie invasive et des cycles répétés de rayons et chimiothérapie. Cependant, la récidive est quasi inévitable et fatale. Dans ce contexte, l’hypothèse des cellules souches cancéreuses (ou CSC) propose que les cancers dérivent d’une fraction de cellules anormales qui constituent un réservoir qui s’autoalimente. Ces CSC pourraient ainsi régénérer la tumeur à l’infini, et seraient alors responsables de la résistance des tumeurs aux traitements et de leur rechute. Une nouvelle stratégie serait donc de cibler directement ce groupe minoritaire des cellules cancéreuses.
Dans cette optique, l’équipe de Julie Gavard a criblé une banque de plus de 1200 médicaments déjà connus et identifié par son action toxique sur les CSC une molécule extraite du marron d’inde (l’escine). Les chercheurs montrent que l’escine réduit fortement la survie de cellules tumorales de patients cultivées in vitro. Cette molécule n’a par ailleurs aucun effet sur les cellules saines, ni sur les cellules souches normales du cerveau. En outre, l’expansion des cellules tumorales différenciées, non souches, n’est pas affectée par le traitement à l’escine. En effet, cette molécule naturelle semble cibler directement les propriétés souches des cellules de glioblastome, par un mécanisme qui précède leur mort cellulaire. De plus, l’escine s’avère plus efficace que les traitements actuels et sensibilise les CSC à l’action de la chimiothérapie de référence (Temodal), réduisant donc potentiellement la résistance des tumeurs.
Ces résultats obtenus en modèle cellulaire et qui font l’objet d’un dépôt de brevet, ont permis d’identifier une molécule naturelle ayant un effet toxique sur les cellules les plus agressives des tumeurs cérébrales. L’escine pourrait s’avérer être un candidat de choix pour cibler spécifiquement la population tumorale souche au sein des glioblastomes.

Figure : 1280 composés chimiques et molécules naturelles ont été criblées pour leur action toxique sur des cellules souches de glioblastome (CSG), préparées à partir de résection chirurgicale de patient. Après validation dans d’autres CSG de patients et vérification de la tolérance des cellules saines, l’escine a alors été identifiée. L’escine, extraite du marron d’inde, réduit l’expansion des CSG in vitro (le marqueur bleu montre la nestine, une protéine fortement exprimée dans les CSG).

© Julie Gavard


 

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Contact chercheur

  • Julie Gavard
    Centre de Recherche en Cancérologie Nantes-Angers
    CNRS UMR 6299, INSERM U892, Université de Nantes
    8 quai Moncousu
    Pièce 416
    44007 Nantes Cedex 07

    Tel: 02 28 08 02 08

     

     

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