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Parutions

 

La drosophile à l’épreuve du microbiote intestinal

 

Notre tube digestif abrite une population extrêmement complexe de virus, bactéries et autres champignons, appelée microbiote. Si l’immense majorité de ces microorganismes vit en bonne intelligence avec nous, l’équilibre est fragile et son dérèglement peut avoir de graves conséquences pour notre santé. L’étude des interactions microbiote-hôte est plus aisée chez la drosophile dont le tube digestif ne comporte qu’une dizaine d’espèces bactériennes contre plusieurs centaines chez nous. Cette étude publiée le 14 Février 2018 dans la revue Cell Host Microbe (dont elle illustre la page de couverture) montre comment la drosophile contrôle les bactéries de son microbiote afin d’éviter qu’elles n’affectent son intégrité.

 

Notre tube digestif abrite un microbiote intestinal fait de bactéries, virus et autres champignons non pathogènes. Un dialogue permanent existe entre les bactéries du microbiote et les tissus et organes de l'hôte qui contribue au développement normal du tube digestif et de son système immunitaire. Le microbiote assure également un rôle endocrinien en produisant des métabolites qui après avoir franchi la paroi intestinale peuvent moduler la fonction d’organes situés à distance de l’intestin. Des aberrations dans la population microbienne intestinale, appelées dysbioses, provoquent non seulement des pathologies locales comme les maladies inflammatoires de l'intestin, mais affectent bien plus largement leurs hôtes allant jusqu'à influencer leur comportement en agissant sur le système nerveux. 

L'équipe de Julien Royet, à l’Institut de Biologie du Développement de Marseille, étudie les dialogues moléculaires entre le microbiote et l’hôte chez la drosophile. Des travaux précédents de l’équipe avaient mis en évidence la sécrétion d’un peptidoglycane par les bactéries intestinales qui active le système immunitaire de l’hôte et qui est aussi capable diffuser dans l’organisme pour modifier l’activité de neurones dans le système nerveux. Dans cette nouvelle étude, l’équipe démontre comment la drosophile développe un système de défense qui utilise deux versions d’une même enzyme de digestion du peptidoglycane pour contrôler simultanément son immunogénicité et sa diffusion dans l’organisme. En l’absence de cette enzyme, les drosophiles présentent des signes de dégénérescence tissulaire liés à l’invasion du peptidoglycane dans l’organisme et ont une durée de vie plus courte.

Ces travaux chez la drosophile ouvrent de nouvelles perspectives pour comprendre les rôles du peptidoglycane du microbiote intestinal des mammifères. Dans ce sens, des résultats récemment publiés par une équipe suédoise suggèrent que le peptidoglycane pourrait également servir de métabolite circulant et moduler la physiologie et le comportement des souris.

 

Figure : Image confocale d’un tube digestif de Drosophila mutante pour le gène PGRP-LB et infectée par la bactérie Erwinia carotovora fluorescente (points verts). L'activation du gène rapporteur NF-kB (en rouge) dans les entérocytes est supprimée dans les cellules surexprimant l'isoforme PGRP-LB intracellulaire PGRP-LBPA - EGFP (en vert). Les noyaux sont colorés au Dapi (bleu).

© Bernard Charroux

 

 

En savoir plus

Contacts chercheurs

 

  • Julien Royet - Bernard Charroux

    UMR 7288. CNRS, Aix-Marseille Université

    Institut de Biologie du Développement de Marseille

    163 Av. Luminy BP 907
    13009 Marseille

 

Mise en ligne le 14 février 2018

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