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Vie des Laboratoires

 

chaman

 

UMR5140  Archéologie des sociétés méditerranéennes
Découverte d’une mosaïque exceptionnelle à Alès

 

Commencée en 2006, une opération archéologique programmée permet de reconsidérer quelques principes sur la Romanisation de la Gaule.
L'Ermitage d'Alès (Gard-30), petit oppidum occupé notamment durant les deux derniers siècles avant Jésus-Christ, a révélé les vestiges d'une fastueuse maison qui fut habitée par un gaulois, un Volques Arécomique, faisant probablement partie de l'élite locale. Cette maison comportait notamment une pièce de 36 mètres carrés, sans doute de réception, décorée d'un pavement polychrome en opus tesselatum (mosaïque) et d'enduits peints muraux, de couleur beige et rouge. L'ensemble a subi les outrages du temps, mais il en reste des vestiges qui nous permettent de comprendre l'organisation des décors. Le pavement mosaïqué était composé d'une frise de swastika avec carrés pointés, entourant des panneaux décorés d'animaux (oiseaux et poissons), ainsi qu'une frise de rinceaux végétalisés, entourant elle-même le panneau central composé de postes (vagues) et de motifs géométriques carrés et triangulaires. On compte 5 couleurs : rouge, noir, blanc, vert et  jaune.
Deux aspects sont particulièrement remarquables : d'une part la qualité de la mosaïque, les couleurs employées, les décors mis en oeuvre et enfin sa taille tout à fait exceptionnelle pour l'époque ; d'autre part, sa datation située aux alentours de l'époque de César et  sa présence inhabituelle  sur ce type de petit habitat gaulois, alors que l'on en connaît d'autres exemplaires, toutefois moins grands, sur des sites au passé bien plus prestigieux comme Marseille, Narbonne ou encore Glanum…
Tous ces indices en font une oeuvre d'art véritablement exceptionnelle.  Toutefois, l'oppidum de l'Ermitage est placé à la frontière de la province romaine de Transalpine, ce qui lui confère un statut très particulier, probablement un rôle d'emporion :  sorte de zone-marché (Port of Trade) entre la province de Transalpine, romaine depuis 118 avant notre ère et le reste de la Gaule, encore indépendante jusqu'à la conquête de Jules César, en 52 avant notre ère.
Car ce sont durant ces quelques décennies que se sont spécifiquement développées les habitations sur l'oppidum de l'Ermitage qui, idéalement placées, voyaient passer hommes et marchands, marchandises et ressources en provenance des deux mondes. La Romanisation très précoce des habitants de l'Ermitage et les témoignages de contacts avec les populations Gauloises encore indépendantes (monnaies, parures, vaisselle...) sont le signe d'une acculturation aux nouvelles mentalités où le commerce tiendra un grand rôle. Cet habitat Gaulois est un exemple unique actuellement où deux mondes se rencontrent : Gaulois et Romains, sacrifiants au Dieu des profits et des échanges (déjà). Les travaux continueront dans les années à venir afin de comprendre au mieux les structures et leur contexte.

 

 

contactContact CNRS :  Fabienne Olmer


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