CNRS : Centre National de la Recherche Scientifique
Liens utiles CNRSLe CNRSAnnuairesMots-Clefs du CNRSAutres sites
Accueil Département scientifique homme et société : Centre National de la reherche scientifiqueAccueil Département scientifique homme et société : Centre National de la reherche scientifique
  Accueil >La recherche en sciences humaines et sociales>Vie des Laboratoires

Vie des Laboratoires

UMR7041 Archéologies et Sciences de l'Antiquité / Histoire et ARchéologie de l’Orient Cunéiforme

Il y a 150 ans la langue akkadienne était redécouverte

 

La langue akkadienne, écrite pendant deux millénaires et demi dans le Proche-Orient ancien, a été progressivement redécouverte au xixe siècle grâce à deux avancées importantes dans le domaine de l'orientalisme. D'une part, la version vieux perse des inscriptions trilingues laissées par les souverains achéménides (vie-ive s.) est déchiffrée au début du xixe s., ce qui donne l'espoir de déchiffrer les deux autres langues (l'akkadien et l'élamite) qui y sont notées. D'autre part, les premières explorations archéologiques au Proche-Orient, notamment à Ninive, livrent de nombreuses tablettes portant une écriture identique à l'une des deux qui restent à décoder sur les trilingues de Perse. En 1857, la Royal Asiatic Society de Londres confie sous scellés une copie d'inscription découverte à Assur, aux britanniques E. Hincks, H. Rawlinson et F. Talbot ainsi qu'au français J. Oppert. Les traductions de ces savants, lues le 25 mai, concordent

suffisamment pour que la commission estime que la langue akkadienne est désormais déchiffrée. Cette étape importante permis d'aborder le déchiffrement d'autres langues, comme le sumérien, qui n'est apparenté à aucune famille linguistique connue.

 

Toutes ces écritures utilisent des signes dont la forme évoque celle de clous, ce qui leur a valu le nom de « cunéiformes ». Ils ont été utilisés au Proche-Orient pendant un peu plus de 3000 ans, de la fin du IVe millénaire av. J.-C. jusqu'au ier siècle ap. J.-C., sur une très vaste aire géographique allant de la Mer Méditerranée au Golfe arabo-persique et de l'Anatolie à l'Égypte. Mais ces signes sont utilisés avec des valeurs diverses. En sumérien, chacun correspond à une notion, une idée ou un objet ; il s'agit donc d'idéogrammes. En akkadien, dès le IIIe millénaire, les signes ont seulement une valeur phonétique, syllabique ; le même système est par la suite utilisé pour écrire le hurrite, l'élamite, le hittite et l'urartéen. Deux langues ont eu recours à une écriture alphabétique cunéiforme : l'ugaritique (xiiie s.) et le vieux-perse (vie - ive s.).

 

Ces écritures ont été principalement inscrites sur des tablettes d'argile ; or ce matériau, contrairement aux matières végétales (papyrus) et animales (parchemin), survit au temps, ce qui explique l'abondance exceptionnelle de la documentation. Plusieurs sites du Proche-Orient ont livré de nombreuses archives privées comportant lettres et contrats. Les palais et les temples conservaient des documents administratifs, de la correspondance et des accords internationaux et, classées dans des bibliothèques, toutes sortes de textes littéraires et savants. À partir de ces archives d'argile, les archéologues et les épigraphistes tentent aujourd'hui de reconstruire trois millénaires d'histoire du Proche-Orient.

 

Pour célébrer l'anniversaire du déchiffrement de l'akkadien, l'équipe ArScAn/Histoire et Archéologie de l'Orient Cunéiforme a organisé une journée de conférences « Histoires de déchiffrements » (Nanterre, 12 octobre 2007) et une exposition : « Les écritures cunéiformes et leur déchiffrement » (Maison René-Ginouvès, Nanterre, octobre-novembre 2007). Cette équipe effectue des recherches sur l'archéologie et l'épigraphie des différentes aires culturelles de Mésopotamie et des régions voisines sur une période chronologique définie par l'emploi de l'écriture cunéiforme.

 

 

Contacts :
Laboratoire Archéologies et Sciences de l’Antiquité/Histoire et Archéologie de l’Orient Cunéiforme,
Maison René-Ginouvès, Nanterre
Cécile Michel : cecile.michel@mae.u-paris10.fr
Brigitte Lion : brigitte.lion@mae.u-paris10.fr

 

 

Découvrir le laboratoire ArScAn

 

Scribe sur parchemin et scribe sur tablette d’argile. Dessin X. Faivre

Contrat de mariage paléo-assyrien, Kanish,
xixe s.,Musée d’Ankara. Photo C. Michel
   
 
Détail du siège inscrit de Gudea, roi de Lagash, xxiie s., Musée du Louvre. Photo M. Esline  

 

 

 

Accueil du Sitecontactimprimer Plan du sitecredits