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Vie des Laboratoires

 

 

Lumière sur les techniques de fabrication du Codex Borbonicus, un manuscrit aztèque rare

USR3224 Centre de Recherche sur la Conservation (CRC)

30 octobre 2017

 

Le Codex Borbonicus est un précieux manuscrit mésoaméricain daté du XVIe siècle, conservé depuis 1826 dans la bibliothèque de l’Assemblée Nationale. Il fait l’objet, depuis 2013, d’une étude analytique mise en œuvre sous la forme d’une thèse de doctorat cofinancée par la fondation des Sciences du Patrimoine et l’Assemblée Nationale, réalisée au Centre de Recherche sur la Conservation (CRC, USR3224, CNRS / MNHN / Ministère de la culture) et au Laboratoire de Physicochimie des Polymères et des Interfaces (LPPI, EA 2528, Université de Cergy-Pontoise). C’est Fabien Pottier, post-doctorant au CRC, qui coordonne l’étude spectroscopique des matières picturales du Codex Borbonicus.

 

La codicologie — l’étude des manuscrits dans leur aspect matériel — est généralement limitée aux possibilités d’observation et d’examen de l’œil humain. Les analyses physico-chimiques, en offrant la possibilité de sonder la matière, s’avèrent des compléments utiles à une étude codicologique. Aux examens visuels s’ajoutent alors des informations sur la nature ou l’origine des matériaux constituants le document (le support, les matières colorantes, etc.) Les avancées en matière d’instrumentation permettent aujourd’hui de réaliser ces mesures à l’aide d’instruments d’analyses portables ou transportables directement sur l’objet et de façon non invasive. De nouvelles données peuvent alors venir enrichir l’observation macroscopique initiale.

Les différents types de techniques analytiques portables et non-destructives permettent d’accéder à des informations structurelles se situant à différentes échelles de caractérisation. En général, la difficulté de ces analyses ne réside pas dans leur mise en œuvre, mais dans l’interprétation des résultats obtenus. En effet, les matériaux composant les objets du patrimoine sont des mélanges complexes souvent difficiles à caractériser simplement. Il est donc important de posséder des matériaux de référence et de comparer leur signature analytique avec celles des constituants du document. À partir des recettes décrites dans les sources historiques coloniales du XVIe siècle, une palette de peintures de référence a donc été produite et analysée. Les résultats issus de ces mesures ont permis une interprétation plus précise des données générées lors de l’analyse du manuscrit.

 

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Analyse Raman des matières picturales du Codex Borbonicus © CRC, Monaris

 

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Acquisition d'une image hyperspectrale du Codex Borbonicus © CRC

 

À l’issue de ce travail, la quasi-totalité des matières colorantes (ainsi que certaines façons de les préparer) du Codex Borbonicus a été caractérisée. Une forte préférence pour les colorants organiques a été mise en évidence, ce qui correspond aux traditions précolombiennes mentionnées dans les sources historiques. En ce qui concerne les deux parties stylistiquement distinctes du manuscrit (probablement peintes lors de deux séquences différentes), certains procédés techniques communs ont été identifiés (support unique fait d’une préparation de gypse déposée sur des fibres végétales, utilisation de laque de cochenille pour les peintures rouges, mélange de bleu Maya et d’un colorant jaune pour les peintures vertes). En revanche, les analyses ont également montré quelques différences matérielles, telles que l’utilisation des colorants extraits de Commelina coelestis et de Justicia spicigera dans la seconde partie uniquement. Les deux parties du manuscrit ont donc été peintes selon une technique mésoaméricaine traditionnelle, faisant toutefois parfois appel à des matériaux différents, ce qui renforce l’hypothèse d’une création du manuscrit en deux étapes bien distinctes.

 

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