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Vie des Laboratoires
![]() Une nouvelle épave dans la baie de Caska, île de Pag (Croatie)UMR7299 Centre Camille Jullian - Histoire et archéologie de la Méditerranée, de la Protohistoire à la fin de l'Antiquité (CCJ)13 juin 2012
Les recherches en archéologie navale et maritime menées par Giulia Boetto, chercheur au Centre Camille Jullian (UMR7299, CNRS / Université d'Aix Marseille) et par Irena Radic Rossi, Assistant Professor à l'Université de Zadar, ont conduit à la découverte des vestiges d'une nouvelle épave dans la baie de Caska, en Croatie.
La quatrième campagne de fouilles sous-marines à Caska se clôture par une découverte sensationnelle. Par trois mètres de fond, l'équipe franco-croate qui mène depuis 2009 des recherches d'archéologie navale et maritime sur l'île de Pag vient d'identifier les vestiges d'une deuxième embarcation romaine, ensevelie à environ 200 mètres de la côte actuelle. Ce bateau, qu'il convient désormais d'appeler Caska 2, est rempli de pierres et a été probablement réutilisé pour la construction d'un aménagement côtier. Il s'agit d'une pratique déjà observée lors de l'étude de la première épave de Caska (Caska 1). Cette barque, d'environ 9 mètres de long, datée entre le Ier et le IIe siècle de notre ère, a été coulée intentionnellement. Entourée de pieux, elle a servi de fondation pour un appontement.
Cependant, les similitudes s'arrêtent ici. En effet, les premières observations réalisées sur Caska 2, dont les vestiges ont été observés sur environ 4 mètres de long, suggèrent un bateau aux dimensions bien plus importantes. L'échantillonnage des pièces (quille munie de râblure, membrures et bordé) permet d'estimer la longueur d'origine à 15/20 mètres. L'assemblage des bordés de la coque n'est pas assuré, comme sur Caska 1, par des ligatures en fibres végétales, mais semble relever du système classique en usage à l'époque romaine dit à 'tenons et mortaises'.
Durant cette campagne 2012, deux nouveaux sondages sous-marins ont été ouverts avec comme objectif l'étude des installations portuaires. De plus, les structures antiques visibles sur le front de mer formant un mur de terrasse monumentale ponctué de niches à vocation ornementales ont été également documentés. Enfin, les membres de l'Institut Géologique Croate, guidés par Slobodan Miko, ont poursuivi la campagne de carottages initiée en 2011.
En parallèle, les géologues marins du Laboratoire de géologie marine et océanographie physique de l'Université de Patras — dirigés par George Papatheodorou — ont dressé à l'aide d'instruments de prospection sous-marine (sonar à balayage latéral, sondeur de sédiment) une cartographie tridimensionnelle des fonds. Ces données, croisées avec celles obtenues par les carottages, permettront de restituer l'histoire géologique de la baie de Caska et de révéler des éventuelles traces d'épaves ou d'autres structures archéologiques immergées.
L'approche des recherches menées à Caska est pluridisciplinaire (archéologie, géomorphologie, biologie, sédimentologie, palynologie, dendrochronologie et carpologie) et implique la collaboration entre des laboratoires français (UMR7299 Centre Camille Jullian, UMR 7263 Institut Méditerranéen de Biodiversité et Écologie marine et continentale, UMR7330 Centre Européen de Recherche et d'Enseignement des Géosciences de l'Environnement, UMR5140 Archéologie des Sociétés Méditerranéennes, UMR5059 Centre de Bio-Archéologie et d'Écologie, UMR7177 Laboratoire de Dynamique et Structure Moléculaire par Spectrométrie de Masse / Institut de Chimie de Strasbourg), croates (Université de Zadar, Institut Géologique Croate, Département de géographie de l'Université de Zagreb) et grecs (Laboratoire de géologie marine et océanographie physique de l'Université de Patras).
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