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Vie des Laboratoires
![]() Création des premières archives sonores de l’Europe du GoulagUMR8083 Centre d'Etudes des Mondes Russe, Caucasien et Centre-Européen3 mars 2010 Le CNRS et RFI s’associent pour créer les premières archives sonores de l’Europe du Goulag. Un projet ambitieux mené par douze chercheurs européens (français, italien, allemand, roumain, hongrois, lituanien, polonais, russe) dans treize pays (Allemagne, Estonie, France, Hongrie, Italie, Kazakhstan, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie, Russie, République tchèque et Ukraine).
Contexte historiqueAvant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, près d’1 million d’Européens ont été déportés au Goulag, dans les camps de travail soviétiques ou relégués dans des villages isolés de la Sibérie et de l’Asie centrale. Parmi ceux qui ont survécu, certains sont retournés plusieurs années plus tard dans leur pays d’origine (Pologne, Tchécoslovaquie, Hongrie, Roumanie ou encore pays baltes), d’autres sont restés sur leurs lieux de relégation comme c’est le cas au Kazakhstan. Si l’histoire du Goulag est désormais bien connue pour ce qui concerne l’Union soviétique grâce aux recherches récentes menées en particulier en Russie et qui ont conduit à la publication d’un très important matériel documentaire, l’histoire des Européens qui passèrent au Goulag l’est beaucoup moins et ce, pour trois raisons. On distingue mal, tout d’abord, dans l’histoire générale du Goulag, les dimensions nationales des dimensions politiques et sociales. Ainsi, les Polonais ou les Lituaniens qui ont vécu leur déportation à travers leur expérience nationale passée et qui se sont regroupés en fonction de leur identité nationale ont contribué à la déstabilisation du système des camps en fomentant des révoltes. Ces cas sont connus mais demeurent trop peu étudiés.
ProjetLe projet, porté par le Centre d’études des mondes russe, caucasien et centre-européen (CERCEC,EHESS et CNRS) en partenariat avec RFI, est financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR). Conçu dans le cadre du programme « Corpus et outils de la recherche en sciences humaines et sociales », il se propose de comprendre, à travers le recueil d’un grand nombre d’entretiens organisés de façon uniforme dans divers pays d’Europe, ces parcours, leur place dans les histoires nationales et européennes, le vécu concentrationnaire en relation avec les identités nationales, la genèse de certaines formes de nationalisme à travers la constitution de groupes nationaux au sein des camps ou à travers des parcours de retour marqués par de telles appartenances. Il devient urgent de recueillir ces témoignages, auprès de personnes désormais très âgées, marquées à vie par une expérience traumatique difficile parfois à faire ressortir. Ces entretiens, réalisés de façon semi-directive et associés à une interrogation précise sur les parcours, seront soumis à une grille d’entretien établie préalablement et qui sera commune à l’ensemble des personnes interrogées. Ils fourniront le matériau essentiel d’une recherche comparative qui s’intéressera donc autant aux communautés de destins qu’aux parcours personnels dans l’intégralité de leur déroulement, du départ au retour. La recherche s’appuiera également sur les entretiens pour interroger les conséquences de ces déportations sur l’identité nationale propre de chacun des États de l’Europe élargie.
Ce faisant, l’ambition de cette démarche vise à dépasser les histoires nationales morcellées qui prévalent actuellement à l’Ouest, au Centre et à l’Est de l’Europe pour apporter une contribution à la constitution d’une histoire des Européens d’aujourd’hui.
120 témoignages de rescapés ont été recueillis en 11 langues : 250h de son numérique recueillis et archivés avec le soutien de RFI.
A l'antenneTrois émissions spéciales de la Marche du monde (RFI), réalisées à partir du projet "Archives sonores de l'Europe du Goulag", seront diffusées les dimanches 14, 21 et 28 Mars, à 9:30 et 15h30 (RFI, 89.00 FM).
"Goulag, les nationalistes racontent" : Lorsqu’ils arrivent dans les camps du Goulag, Véra Chopik, nationaliste ukrainienne, arrêtée et déportée à l’âge de 21 ans et Antanas Seikalis, résistant lituanien, condamné à 10 ans de camp en 1950 découvrent toutes les nationalités du Goulag, des hommes et des femmes qui ont résisté àl’invasion soviétique. Avec Marta Craveri et Marc Elie (Cercec)
"Goulag, les enfants racontent" : Yaroslav, Silva et Klara sont ukrainien, lettone et hongroise, déplacés avec leur famille ou encore condamnée comme Klara à l’âge de 14 ans, ils ont grandi au Goulag. Une expérience à la fois douloureuse et intense, avec laquelle ils ont du se construire. Avec Alain Blum (Cercec) et Anne-Marie Losonczy (Ephe)
"Goulag, les déportés pour la vie racontent" : Au Kazakhstan et en Sibérie, Andreï Ozerovski, Josas Milautskas et Eléna Talanina, déplacés par les soviétiques après 1945, font partis de celles et de ceux qui sont devenus des déportés pour la vie, car ils ne sont jamais rentrés dans leur pays d’origine. Avec Emilia Koustova et Isabelle Ohayon (Cercec)
Ce projet ANR, piloté par le CERCEC, présente l’intéret d’associer étroitement l’ensemble des centres de recherches français de la zone concernée (Centre français de recherche en sciences sociales, Centre Marc-Bloch de Berlin, Centre franco-russe de recherche en sciences humaines et sociales de Moscou).Il bénéficie du soutien du CNRS, de l'EHESS et de l'INED.
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