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Les maires en première ligne de la crise démocratique

UMR7048 Centre de Recherches Politiques de Sciences Po (Cevipof)

14 décembre 2018

 

 

Dans le cadre d’un partenariat avec l’Association des maires de France, le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof , UMR 7048, CNRS / Sciences Po Paris) a mené à l’automne 2018 une grande enquête auprès des 35 357 maires de France. Avec un taux de réponse de l’ordre de 13 %, cette enquête, administrée en ligne, repose sur un échantillon représentatif sur le plan démographique et géographique.

Coordonnée par Luc Rouban, directeur de recherche au CNRS, cette enquête a permis de connaître avec précision l’état d’esprit des maires à un moment où les questions de fracture territoriale sont devenues centrales dans le débat politique et social en France. Les réponses s’organisent différemment selon la taille des communes, un des seuils les plus discriminants étant celui des 3 500 habitants à partir duquel s’affirment une certaine professionnalisation des élus et des profils sociaux supérieurs plus fréquents. Bien que l’analyse des données n’en soit qu’à son début, quelques grands résultats sont apparus.

Tout d’abord, près de la moitié des maires déclarent vouloir abandonner tout mandat en 2020. La crise de la démocratie représentative touche donc au moins autant les élus locaux que les citoyens. Mais cette moyenne cache une grande diversité de situations. Les maires des communes de 3 500 habitants ou plus veulent quitter la vie publique à hauteur de 29 % contre 54 % des maires des communes de moins de 500 habitants, qui constituent la moitié des communes de France et le tissu vivant de la démocratie de proximité. De même, 45 % des premiers pensent que la situation de leur commune va se dégrader dans les cinq prochaines années contre 64 % des seconds.

Cette crise des vocations est liée à plusieurs facteurs. Les maires soulignent la perte de leur pouvoir de décision face à des intercommunalités devenant toujours plus puissantes et au désengagement financier de l’État. Au-delà des facteurs institutionnels, émerge le sentiment d’une grosse fatigue démocratique face à la complexité des normes, à la charge de travail, à la difficulté croissante de concilier leur mandat avec leur vie professionnelle ou leur vie personnelle. On voit donc émerger un nouveau modèle de décentralisation reposant bien plus sur des fonctionnalités économiques que sur des espaces de liberté locale, ce qui implique une hiérarchisation des élus locaux.

Mais l’enquête met également au jour l’amertume des maires face à des citoyens qu’ils considèrent souvent comme ingrats, peu intéressés par l’engagement local, devenus consuméristes et indifférents à l’intérêt général. Pour 73 % des maires des communes de moins de 500 habitants, le niveau d’exigences des citoyens est devenu trop élevé.

Au total, émerge donc un paysage local dont la capacité à encadrer une éventuelle évolution de la Ve République vers une démocratie plus participative s’avère bien faible.


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contact Contact :
Luc Rouban, luc.rouban@sciencespo.fr

 

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