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Actualités
![]() Disparition du sociologue Michel Crozier29 mai 2013
Le sociologue Michel Crozier, directeur de recherche émérite au CNRS et membre de l'Académie des sciences morales et politiques, est décédé le 23 mai 2013. Entré au CNRS en 1952, il avait séjourné à l'Université Stanford à la fin des années 1950, et a ensuite enseigné à plusieurs reprises dans de prestigieuses universités américaines. La comparaison implicite avec les Etats-Unis sous-tendait tout son travail et a alimenté un regard critique sur la France. Michel Crozier a été un pionnier de l'analyse des rapports de pouvoir dans les bureaucraties et a fondé un 1961 le Centre de sociologie des organisations, qu'il a dirigé jusqu'en 1993. Le Phénomène bureaucratique (1964) et l'Acteur et le système (1977- ce dernier ouvrage coécrit avec Ehrard Friedberg) sont devenus des classiques de la sociologie. Michel Crozier y analyse la façon dont les membres d'une organisation utilisent des zones d'incertitude de la vie de cette dernière pour conquérir une autonomie que les règles formelles ne leur reconnaissent pas. Au-delà de l'analyse des organisations, un des apports de sa sociologie réside dans l'articulation, qu'il a toujours tenté de maintenir équilibrée, entre analyse systémique et analyse stratégique, refusant ainsi d'opposer structures sociales, cultures et acteurs individuels. Son analyse des organisations a aussi débouché sur une critique du cercle vicieux de la bureaucratisation, et des blocages sur lesquels ils débouchent (La Société bloquée, 1971). Ses réflexions sur ce thème ont donné lieu à des essais sur les politiques et la réforme, qu'il considérait comme urgente et difficile, de l'action publique. Dans On ne change pas la société par décret (1979), il insiste ainsi sur la nécessité de conduire les réformes non pas contre les acteurs, mais avec eux. |
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