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Etudiants étrangers au Maghreb et dans l’espace euro-méditerranéen. Vers quelle internationalisation de l’enseignement supérieur et vers quelle circulation des compétences ?

USR3077 Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IRMC)

16 octobre 2009

 

 

Un programme de recherche pluridisciplinaire international, soutenu par le ministère des Affaires étrangères, vient de donner lieu à une publication qui vise à mieux saisir la réalité sociologique des transformations de l’enseignement supérieur au Maghreb, et à contribuer à une approche critique de la notion de mondialisation.

 

La clôture d’un programme de recherche pluridisciplinaire international, soutenu par le ministère des Affaires étrangères, dans le cadre d’un Fonds de solidarité prioritaire (FSP) à l’appui des recherches en Sciences humaines et sociales entre le Maghreb et la France, et coordonné par la Fondation Maison des sciences de l’homme de Paris, vient de donner lieu, après quatre années de collaboration, à une publication scientifique : La mondialisation étudiante. Le Maghreb entre Nord et Sud (IRMC-Karthala).


La collaboration de sociologues, d’anthropologues, d’économistes et de géographes, spécialistes soit de la migration internationale, soit de la sociologie de l’éducation ou de la politique/économie publique, de Tunisie, du Maroc, d’Algérie et de France, a permis de pouvoir répondre à une double préoccupation : mesurer l’évolution récente de la migration étudiante au Maghreb ; analyser les politiques publiques d’accueil des étudiants étrangers, au Maghreb et en France, dans les systèmes universitaires (privés et publics) au moment d’une réforme européenne de l’enseignement supérieur (processus de Bologne, LMD).
Le programme a cherché à corréler ces deux récentes évolutions autour de la question plus large de l’internationalisation de l’enseignement supérieur au Maghreb : comment est-elle pensée par les acteurs institutionnels publics et privés au moment du LMD ? quelles formes prend-elle dans chacun des pays et à l’intérieur des universités ? quels types de circulation de l’étudiant étranger  permet-elle ?


Les résultats de cette enquête, publiés dans La mondialisation étudiante. Le Maghreb entre Nord et Sud, montrent que les transformations qui affectent l’enseignement supérieur des pays du Maghreb, et le parcours de ses étudiants, sont prises dans une double évolution.
D’une part, à l’heure de la difficile mise en place d’un espace euro-méditerranéen, quinze ans après la déclaration de Barcelone, les pays du Maghreb, Maroc et  Tunisie en tête, infléchissent leur balance migratoire, et de pays d’émigration tendent à devenir aussi pays d’immigration, affermissant leur rôle de partenaires vis-à-vis de l’Europe et d’attraction vis-à-vis de l’Afrique. D’autre part, on assiste depuis une dizaine d’années, et sur des modes divers selon les pays, à une renégociation de la place de l’Etat et de son contrôle politique sur la société dont la privatisation n’est paradoxalement pas l’obstacle mais le levier. C’est ce que nous avons appelé ici, pour le Maghreb,  la libéralisation d’Etat. La pression normative des instances internationales peut être ainsi comprise comme un prétexte invoqué par les gouvernements pour mettre en place des réformes qui sont moins destinées à libéraliser le système éducatif qu’à en contrôler la crise. Ainsi peut-on aussi comprendre que la fuite des cerveaux, version postcoloniale du pillage économique « libérale », puisse être renversée par les politiques gouvernementales maghrébines en valorisation sur le marché international des meilleurs « produits » locaux ou encore que la privatisation de certaines filières universitaires permette, entre autres, une politique publique d’accueil d’une élite étrangère, essentiellement subsaharienne. Détonante alliance d’immigration sélective et d’émigration choisie.


L’enquête collective, menée en Algérie, Maroc, Tunisie et France, a privilégié l’articulation de trois échelles territoriales d’analyse, pour définir la place du Maghreb dans le marché mondial de l’économie du savoir.
Le Maghreb est d’abord analysé dans la reconfiguration des rapports Nord-Sud, entre pays développés et pays émergents, et tout particulièrement dans son rapport privilégié à la France, visible notamment dans le renversement de figure de l’étudiant étranger immigré en étudiant international et plus généralement dans le lent processus menant d’une relation de domination à une relation de partenariat.
Le Maghreb est ensuite compris comme un ensemble de pays à l’histoire singulière, notamment par rapport au système éducatif et à l’évolution de l’État depuis les Indépendances, dans laquelle doit se comprendre les réformes récentes qui, respectivement en Algérie, au Maroc ou en Tunisie, modulent de manière restrictive l’injonction libérale de normalisation de l’enseignement supérieur.
Enfin, le Maghreb est étudié dans la régionalisation, comme partie prenante de l’ensemble euro-méditerranéen, voire du monde arabo-musulman,  mais aussi et surtout comme région à part entière, face à l’Europe et face à l’Afrique, dessinant d’une part un espace universitaire maghrébin de proximité à l’offre interne diversifiée, d’autre part un espace naissant d’accueil de riches étudiants subsahariens dans un transfert de compétences Nord-Sud à l’échelle de l ‘Afrique.

Si l’articulation de ces échelles a pour objectif premier de mieux saisir la réalité sociologique des transformations de l’enseignement supérieur au Maghreb, notamment par une approche  historique des systèmes éducatifs étudiés et par une attention anthropologique aux acteurs du changement, elle a aussi pour ambition de contribuer à une approche critique de la notion de mondialisation dont les bouleversements apparemment récents s’inscrivent le plus souvent dans le longue durée des destins nationaux.

 

Coordonnateur

IRMC, Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (IFRE – USR 3077) – Sylvie Mazzella (responsable scientifique, chargée de recherche au CNRS)

 

Laboratoires scientifiques

  • Faculté des sciences économiques et de gestion, Ferhat Abbas à Sétif (Algérie)
  • Le Centre National de Recherches en Anthropologie sociale et Culturelle (CRASC), Oran (Algérie)
  • Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, Université de SOUSSE (Tunisie)
  • L’Observatoire Régional des Migrations Espaces & Sociétés (ORMES), Université d’Agadir (Maroc)
  • LAMES- CNRS, (UMR 6127), Université de Provence,  Aix-en-Provence
  • GREQAM-CNRS (UMR 6579),  Marseille
  • URMIS SOLIIS- CNRS (UMR 7032), Université de Nice
  • CERAPS-CNRS (UMR 8026),  Université de Lille 2
  • LPED-IRD, Université de Provence, Marseille

 

 

contacts Contact :

Sylvie Mazzella

 

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