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Les moulins de Barbegal livrent de nouveaux secrets

UMR7299 Centre Camille Jullian - Histoire et archéologie de la Méditerranée, de la Protohistoire à la fin de l'Antiquité (CCJ) - UMR6566 Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences, Histoire (CReAAH)

19 septembre 2018

 

Situés dans la commune de Fontvieille, à environ sept kilomètres à l'est de la ville d'Arles, l'aqueduc et les moulins de Barbegal constituent un complexe romain de meunerie hydraulique reconnu comme étant la plus grande concentration connue de puissance mécanique du monde antique. Une équipe internationale interdisciplinaire, réunissant des géologues — Cees Passchier et Gül Surmelihindi du Département des Sciences de la Terre de l’Université de Mayence et Christoph Spötl de l’Institut de Géologie d’Innsbrück —, et des archéologues — Philippe Leveau du Centre Camille Jullian (CCJ)1 et Vincent Bernard du Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences, Histoire (CReAAH)1, vient de livrer de nouveaux résultats sur le fonctionnement de l’usine. Cette étude a fait l’objet d’une publication dans la revue Sciences Advances en septembre 2018.

 

Les moulins de Barbegal occupent une position emblématique dans l’histoire de la maîtrise des énergies naturelles. Ce complexe industriel rural juxtaposait deux « trains » de huit chutes actionnant seize roues en cascade. Il a été en fonctionnement dès le IIe siècle, à une époque où l’utilisation de la force hydraulique est bien attestée dans les villas rurales. Un complexe de cette dimension — le plus grand conservé dans le monde romain — n’a pas eu d’équivalent à Rome avant le IIIe siècle.

L’empreinte de certaines pièces de son mécanisme est conservée par des concrétions calcaires qui s’y étaient déposées. Leur étude permet d’en proposer une restitution partielle. Mais elle apporte des indications nouvelles sur le fonctionnement de l’usine. Les dépôts sont stratifiés en bandes régulières dont la composition et la distribution interne varient en fonction de la température et de la composition de l'eau, de la quantité de carbonate dissous, de la teneur en argile et de l'activité biologique de l’eau. Leur stratification régulière en strates estivales et hivernales, comparables à celle des cernes d’un arbre, reflète les variations saisonnières des conditions de précipitation des carbonates. L’analyse des isotopes stables de l'oxygène δ18O et du carbone δ13C montre que l'exploitation de l'usine a été régulièrement interrompue pendant plusieurs mois, principalement à la fin de l'été et en automne, et qu’elle a recommencé en hiver. Cette interruption était liée moins aux variations du débit des sources qu’aux besoins des boulangeries régionales. À une époque où la force animale est encore le principal moyen de produire de la farine, avec une production évaluée à 25 tonnes par jour, Barbegal a pu fournir des boulangeries de la ville d’Arles qui ne disposaient pas de moulins. Dans ces conditions, il est possible de faire l’hypothèse d’une utilisation de sa production pour une production spécifique, répondant aux besoins en vivres des navires qui fréquentaient les ports du delta du Rhône, le port fluvio-maritime d’Arles et celui de Fossae Marianae.

 

moulins

Vue aérienne des moulins de Barbegal © Chené, CNRS-CCJ

 

1. Centre Camille Jullian - Histoire et archéologie de la Méditerranée, de la Protohistoire à la fin de l'Antiquité (CCJ, UMR7299, CNRS / AMU).
2. Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences, Histoire (CReAAH, UMR6566, CNRS / Université de Rennes 1 / Université de Rennes 2 / Université de Nantes / Le Mans Université / Ministère de la Culture).

 

Référence :

Sürmelihindi G., Leveau P., Spötl C., Bernard V., Passchier C. W. 2018, The second century CE Roman watermills of Barbegal: Unraveling the enigma of one of the oldest industrial complexes, in Sciences Advances

 

contact Contact :
Philippe Leveau, leveau.phil@wanadoo.fr

 

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