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Découverte à Malte du plus ancien navire de commerce phénicien de la Méditerranée occidentale

UMR7299 Centre Camille Jullian - Histoire et archéologie de la Méditerranée, de la Protohistoire à la fin de l'Antiquité (CCJ)

23 septembre 2014

 

Les archéologues Jean-Christophe Sourisseau, membre du Centre Camille Jullian (CCJ, UMR7299, CNRS / AMU / Ministère de la Culture et de la Communication) et Timothy Gambin (Université de Malte) et le chercheur en sciences de l'informatique, Pierre Drap, membre du Laboratoire des Sciences de l'Information et des Systèmes (LSIS, UMR7296, CNRS / AMU), ont exploré cet été, à Malte, l'épave d'un navire de la haute époque archaïque méditerranéenne, éclairante sur les spécificités de l'économie phénicienne occidentale.

Ce navire, dont l'état de conservation est exceptionnel, git par plus d'une centaine de mètres de fond le long de la côte sud de l'île de Gozo à Malte. Il date probablement du début du VIIe siècle avant notre ère, ce qui en fait la plus ancienne épave de la Méditerranée occidentale retrouvée à ce jour.

Elle avait été repérée par sonar, il y a quelques années, par une équipe américano-maltaise, mais n'avait pu être explorée du fait de sa profondeur. Cet été, le projet GROPLAN, financé par l'Agence nationale de la recherche (ANR) et coordonné par Pierre Drap, spécialiste de photogrammétrie, a permis l'organisation d'une première opération archéologique. Cette mission a été menée sous la responsabilité des archéologues Timothy Gambin et Jean-Christophe Sourisseau, avec la collaboration scientifique et technique de la société d'exploration sous-marine COMEX. Avec l'aide d'engins d'exploration en immersion profonde et de robots, ils ont pu réaliser le relevé photogrammétrique des vestiges visibles du navire. Ils ont effectué un premier prélèvement constitué de trois des nombreuses amphores repérées, ainsi que d'une meule en basalte.

Cette première opération a permis de déterminer la nature et l'état de conservation du gisement : l'épave envasée mesure environ douze mètres (pour un navire de 15 à 17 m de long), elle repose sur un plateau calcaire plat, sans difficulté topographique, à une profondeur qui l'a protégée des pillages et des attaques de la flore et de la faune.

La cargaison visible, constituée de divers types d'amphores et de meules à moudre le grain, est encore rangée, sans dispersion majeure, ce qui indique qu'elle est probablement complète et que le navire lui-même est conservé. Les premières observations effectuées montrent un chargement composite associant des produits liquides (vin, huile ?) du Golfe de Naples, de Carthage, peut-être de Sardaigne et de Sicile occidentale ainsi qu'un lot important des meules dont l'analyse isotopique du basalte devrait préciser la provenance.

D'un point de vue historique, cette découverte est fondamentale car pour la première fois les chercheurs sont en mesure d'observer une cargaison phénicienne de la période archaïque en Méditerranée centrale. Elle confirme l'existence d'une économie de production très tôt excédentaire chez les Phéniciens d'Occident (peuple du Proche-Orient installé dans divers secteurs de Méditerranée Occidentale à partir de la fin du IXe s. av. notre ère) et dans les communautés indigènes (Sardaigne, Latium) en contact direct avec eux. Ces premières constatations se fondent sur la partie visible du gisement, elles seront complétées par de véritables fouilles qui fourniront d'autres informations permettant d'alimenter une discussion historique majeure.

D'un point de vue patrimonial et de l'évolution de la recherche, ce navire, découvert grâce aux nouveaux moyens de prospection à grande profondeur, ouvre un front pionnier de la recherche archéologique sousmarine, celui des épaves et des gisements situés à grande profondeur.

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contact Contacts :

Jean-Christophe Sourisseau
jean-christophe.sourisseau@univ-amu.fr

Pierre Drap
pierre.drap@univ-amu.fr

Blandine Nouvel, communication
nouvel@mmsh.univ-aix.fr

 


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