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![]() Quelle place pour la diffusion d'information dans les décisions de politique monétaire ?UMR7522 Bureau d'économie théorique et appliquée (BETA)10 septembre 2010 Dans un article à paraître prochainement dans le Journal of Monetary Economics, les deux auteurs Camille Cornand et Romain Baeriswyl se sont interrogés sur le rôle informationnel des décisions de politique monétaire.
ContexteDepuis quelques années, une place de plus en plus importante est accordée à la question de la transparence en matière de diffusion d’information des banques centrales. On considère généralement que les marchés seraient mieux à même de fonctionner et que les décisions des agents économiques auraient plus d’impact si les autorités diffusaient davantage d’information. Prenons à titre d’exemple les décisions de politique monétaires. Celles-ci ont une double mission : stabiliser directement l’économie (une banque centrale cherchant à réduire l’inflation le fera via une hausse de son taux d’intérêt) et révéler au marché quelles sont les conditions économiques qui prévalent (il y a hausse des taux parce que les chiffres relatifs à l’inflation sont mauvais). Si cet effet dual de l’information diffusée par les banques centrales au travers de la mise en œuvre de son instrument est aujourd’hui bien connu et bien compris des marchés, les implications en matière de conduite de la politique monétaire ne sont généralement pas prises en compte. Dans Baeriswyl et Cornand (2010), les auteurs montrent qu’il est souhaitable qu’une banque centrale prenne en compte le rôle informationnel de son instrument dans ses décisions de politique monétaire.
RésultatsL’apport principal de l’article est d’établir le fait que la politique monétaire optimale de la banque centrale dépend de sa stratégie de communication. Lorsque l’interprétation de l’instrument monétaire est équivoque, la banque centrale choisit de distordre sa politique pour trouver un juste équilibre entre l’effet direct de stabilisation et l’effet indirect de signal de son instrument monétaire. Dans la mesure où la banque centrale n’est pas capable d’éliminer certains types de chocs, révéler leur existence peut exacerber la réaction des agents économiques à ces chocs, créer de la surréaction et rendre la stabilisation de l’économie plus complexe. La transparence de la banque centrale par une annonce indépendante de ce qu’elle sait de l’état de l’économie pourrait la priver du levier stabilisant qu’elle exerce en faisant usage du double rôle de son instrument monétaire.
PerspectivesLa prise en compte du rôle dual de l’instrument monétaire montre qu’il semble important d’envisager le choix de la politique monétaire et de la communication de la banque centrale d’une manière cohérente.
Référence : Baeriswyl R. et Cornand C. (2010), "The Signaling Role of Policy Action", à paraître dans Journal of Monetary Economics.
Camille Cornand, Chargée de recherche CNRS
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