Prix et distinctions


Anne Carol, lauréate de la première édition du prix Mauvais Genres
29 novembre 2012
Anne Carol, membre de l'unité Temps, espaces, langages europe méridionale méditerranée (UMR7303, CNRS / Aix-Marseille-Université) a reçu, le 17 novembre dernier à Marseille, le prix Mauvais Genre pour son essai intitulé Physiologie de la Veuve. Une Histoire médicale de la guillotine, paru en avril 2012 aux éditions Champ Vallon.
Le Prix Mauvais genres est un prix qui est décerné pour la première fois cette année. Il a été fondé par France Culture (et notamment François Angelier, qui produit l'émission Mauvais genres) et Le Nouvel Observateur.
Deux prix sont attribués : un prix littérature et un prix essai. A l'issue d'une concertation pour départager les cinq candidats nominés dans chaque catégorie, deux prix ont été décernés, sous la Présidence de Jean-Pierre Dionnet, producteur, scénariste, journaliste, éditeur de bande dessinée et animateur de télévision.
Le prix Mauvais Genres Essai, reçu par Anne Carol, récompense un livre qui traite de l'histoire de la médecine, mais aussi de l'histoire des châtiments et des attitudes collectives devant la mort.
Ecouter l'intervention d'Anne Carol dans l'émission de France Culture Le RenDez-Vous de Laurent Goumarre

Physiologie de la Veuve. Une Histoire médicale de la guillotine
Conçue par un médecin et par un chirurgien, la guillotine succède aux supplices d'Ancien régime et invente la mort pénale idéale : prompte et douce. Mais des doutes surgissent très vite sur son instantanéité. Comment concevoir qu'une tête séparée en une fraction de seconde du corps soit immédiatement et totalement privée de vie, de conscience, de sensation ? Et si la mort infligée n'est pas immédiate, quelle souffrance le décapité n'endure-t-il pas !
Cette possibilité physiologique, discutée très tôt par les médecins, envahit l'art, l'imaginaire et les débats autour de la peine de mort tout au long du XIXe siècle. Elle alimente un dialogue entre la société et ces experts autour de l'humanité de la guillotine et ses alternatives possibles.
Mais elle offre aussi aux médecins partagés entre le désir de rassurer leurs contemporains et celui d'assouvir leur curiosité de physiologistes des conditions d'expérimentation proches de la vivisection, qu'il s'agisse de vérifier la survie éventuelle au pied de l'échafaud ou de tenter de transfuser les têtes exsangues au laboratoire. Se pose alors la question du corps du condamné, de ses usages, de sa dignité au regard de la médecine et de la société, et des pouvoirs qui s'exercent sur lui ; un corps dont les condamnés n'affirmeront que tardivement le droit à disposer post mortem, à la fin du XIXe siècle.
Ancienne élève de l'École normale supérieure, Anne Carol est agrégée et docteur en histoire et enseigne l'histoire contemporaine à l'université d'Aix-Marseille I. Elle a publié de nombreux ouvrages dont une Histoire de l'eugénisme en France et Les médecins et la procréation XIXe-XXe siècles aux éditions du Seuil. Elle est également l'auteure de Les médecins et la mort : XIXe-XXe siècle aux éditions Aubier, qui a reçu le prix de la Société Française d'Histoire de la Médecine.
Contacts :
Anne Carole, anne.carol@neuf.fr
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