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Des pyramides mayas découvertes dans la jungle du Guatemala

UMR8096 Archéologie des Amériques (ARCHAM)

26 février 2018

 

 

En 2016, la fondation Pacunam (Fondation pour le Patrimoine Culturel et Naturel Maya), qui inclut quelques-unes des plus grandes entreprises privées du Guatemala, a entrepris la couverture LiDAR d’une partie du nord du Petén sur plus de 2 100 km². Douze secteurs non contigus ont été couverts, qu’ils renferment des sites archéologiques ou s’étendent sur des zones boisées du parc naturel. Depuis 2017, un groupe de chercheurs nord-américains et européens collaborent à l’étude et à l’interprétation de cette imagerie. Le CNRS est présent au sein de cet effort international1 puisque l’équipe du projet Naachtun, dirigé par Philippe Nondédéo, chercheur CNRS au sein de l’unité  Archéologie des Amériques (Archam, UMR 8096, CNRS / Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), fait partie de ce consortium inédit de chercheurs.

La couverture a porté sur des grands sites mayas et leur territoire immédiat comme Tikal, Uaxactun, Naachtun, El Zotz, Holmul, Tintal, La Corona, San Bartolo et El Peru. Les premiers résultats sont spectaculaires avec la mise au jour de plus de 60 000 vestiges (monticules résidentiels, temples, pyramides) dans les secteurs couverts. Le site de Naachtun, couvert sur 140 km², représente à lui-seul plus d’un cinquième de ce total puisque pas moins de 12 000 structures y ont été recensées. Les premiers éléments qui ressortent de cette étude préliminaire montrent, d’une part, une densité de l’occupation bien supérieure à ce que l’on imaginait jusque-là, avec très peu de zones vacantes et un habitat quasiment continu en dehors de l’épicentre des grandes cités. En réalité, seules les zones inondables sont dépourvues d’habitats.

D’autre part, outre la découverte de grands centres secondaires inconnus jusque-là, les images révèlent une profonde modification du milieu à des fins hydrauliques et agraires. En effet, et c’est particulièrement le cas à Naachtun, une douzaine de milliers de terrasses agricoles ont déjà été enregistrées, qui servaient à retenir les sédiments et l’humidité, voire, dans certains cas, à canaliser le drainage et le ruissellement des eaux en saison des pluies. Ces aménagements intensifs du paysage à des fins agraires sont destinés à subvenir aux besoins d’une population sans doute plus importante que prévu, mais difficilement quantifiable en l’absence de données chronologiques fiables pour estimer la contemporanéité et la durée d’occupation de chacune d’entre elles.

Enfin, un autre élément, déjà révélé ponctuellement par des études antérieures mais jamais constaté à cette échelle, concerne la quantité de chaussées surélevées, qui relient entre elles les grandes cités. La seule cité de Naachtun révèle la présence de plus de 50 chaussées (dont certaines dépassent les 10 km de long) qui convergent toutes vers le centre de la cité. Ce maillage du territoire, difficilement perceptible à l’œil nu en contexte de forêt tropical, permettait le contrôle du terroir dépendant de la cité ainsi que des centres secondaires, relais de l’autorité du pouvoir royal.

 

1. Sont également présents, au côté d’Archam, des chercheurs de l’unité Cultures et Environnements. Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge (CEPAM, UMR7264, CNRS / Université Nice Sophia Antipolis), du Laboratoire de Géographie Physique : Environnements Quaternaires et Actuels (LGP, UMR8591, CNRS / Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne), ainsi que le Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères et le LabEx DynamiTe.

 

pyramides

Vue d'ensemble des douze secteurs couverts

 

pyramides

Plan de Tikal

 

pyramides

Exemple de terrasses © Antoine Dorison

 


contact Contact :
Philippe Nondédéo, philippe.nondedeo@mae.u-paris10.fr

 

en savoir plus En savoir plus sur l'unité Archéologie des Amériques (ARCHAM)

 

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