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Terrain, n°58, mars 2012

Pourquoi coopérer

 

 

Terrain est une revue semestrielle d'ethnologie centrée sur l'Europe, créée en 1983 par la Mission du patrimoine ethnologique. Basée sur des études de cas, elle a pour ambition, par le biais de ses numéros thématiques, d'éclairer les aspects les plus divers de la société européenne contemporaine. Ouverte parfois, à titre comparatif, à des terrains plus éloignés, elle l'est aussi aux autres sciences sociales et humaines ainsi qu'aux chercheurs étrangers.

La coopération intervient à tous les niveaux du vivant, de la formation d’un génome à la constitution d’organismes multicellulaires. Mais les êtres humains sont l’unique espèce où l’on observe des coopérations fortes et régulières entre individus sans relations de parenté. La coopération humaine constitue un défi tout autant à la théorie de l’évolution, basée sur la notion de compétition entre individus, qu’à la théorie économique classique fondée sur l’existence d’acteurs « égoïstes ». La coopération est donc un fait anthropologique qui demande à être expliqué. Le nouveau numéro de la revue Terrain, en posant la question « Pourquoi coopérer » tente d’apporte sa pierre à l'édifice.

Ainsi, Joël Candau distingue deux formes de coopération : l’une fermée (bornée aux proches), l’autre ouverte (au-delà des proches), la spécificité de l’Homo sapiens étant d’élaborer des formes de coopération de plus en plus ouvertes. La question induite est celle des choix politiques qui peuvent favoriser une coopération ouverte ou fermée.

Chez les Sulka de Nouvelle-Bretagne, le parti pris de la parenté domine des pratiques coopératives si prégnantes qu’il ne semble guère exister, hors transgression, un seul comportement qui ne soit pas coopératif à un degré ou à un autre. Monique Jeudy-Ballini montre en quoi cette coopération renvoie à une conception de la personne et de la parenté.

L’enquête de Morgan Jouvenet dans des laboratoires de nanosciences et nanotechnologies à Grenoble témoigne de la variété des formes et des enjeux associés aux coopérations dans le réseau des acteurs de la rechercheLes physiciens envisagent ces coopérations d’un point de vue individuel et scientifique, mais aussi d’un point de vue collectif et politique. Une coopération modèle ?

L’article d’Alpa Shahnous emmène en Inde où, depuis plus de 40 ans, le mouvement naxalite maoïste se bat pour changer les formes établies de la coopération entre individus et se heurte aux écueils que rencontre la mise en place de relations de coopération nouvelles par la transformation voire l’éradication des hiérarchies existantes, notamment du système des castes.

Les sciences cognitives ont montré que les humains étaient spontanément portés à la coopération et que celle-ci découlait de mécanismes cognitifs et affectifs universels. Benoît Dubreuil, lui, se demande comment expliquer alors qu’elle puisse échouer si souvent ? La raison est que la coopération dans un contexte social très large doit s’appuyer sur des institutions qui ne peuvent qu’imparfaitement assurer le succès de nos interactions.

Emmanuel Grimaud, en Thaïlande, suit des combats de scarabées pendant lesquels les joueurs établissent et entretiennent le contact avec leurs insectes. En s’appuyant sur une théorie de la communication élargie aux animaux, il montre comment, malgré l’impossibilité pour les deux espèces de partager des images mentales ou de se retrouver autour de cadres d’attention conjointe, ils parviennent à coopérer sur la base d’un champ vibratoire.

Véronique Servais, enfin, plaide pour une ouverture sérieuse de la primatologie aux sciences sociales afin de pouvoir envisager les primates, et notamment les grands singes, comme des acteurs pris dans des situations interactives, plutôt que comme des organismes exécutant des stratégies implémentées en eux par l’évolution.

 

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Rédacteur : Odile Contat

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