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Portraits des lauréats - Starting Grants 2011

 

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Hippolyte d'Albis

Professeur Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

UMR8174 Centre d'économie de la Sorbonne, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / CNRS

Section 37

 

L'incertitude démographique

L'objectif de ce projet est de proposer une modélisation intégrée des phénomènes économiques et démographiques. Ce type de modèles permet, par exemple, d'évaluer quantitativement les effets du vieillissement démographique sur les variables économiques telles que la consommation, l'épargne ou la croissance. Depuis quelques années, dans les pays Européens, une arrivée massive de personnes à l'âge de la retraite rend la compréhension des interactions entre l'économie et la démographie cruciale, afin de mettre en place des politiques économiques adaptées. La principale nouveauté du projet repose sur la caractérisation des évolutions futures des variables démographiques : elles sont considérées comme incertaines, ce qui signifie que leur évolution n'est pas probabilisable. Dans le cas de la mortalité, on qualifie parfois cela de « risque de longévité ». Cette incertitude démographique, qui est susceptible de produire une incertitude macro-économique, est analysée dans le projet à partir des comportements individuels dans l'incertain qui sont ensuite agrégés.

Mots clés : Modélisation, Interactions entre la démographie et l'économie, Longévité et vieillissement, Macroéconomie

 

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Stéphane Gros

Chargé de recherche CNRS

UPR299 Centre d'Etudes Himalayennes (CEH), CNRS

Section 38

 

 

Territoires, communautés et échanges dans les marges sino-tibétaines

Ce projet de recherche associant historiens et anthropologues entend étudier les marges sino-tibétaines, situées en République populaire de Chine, appelées « Kham » par les Tibétains qui peuplent en majorité cette région, située au carrefour entre les provinces du Sichuan, du Yunnan, et la Région Autonome du Tibet. Le « Kham » n'a jamais correspondu à une véritable unité administrative, et doit être plutôt envisagée comme terre de rencontres, lieu de métissage. Cela nous engage à penser cette région à travers ses successives fragmentations et agrégations, dans ses relations avec les centres de pouvoir voisins. Alimentant en matériaux inédits la diversité socioculturelle du Kham, les études menées dans le cadre de ce projet permettront de mettre en lumière un ensemble de caractéristiques sociales et politiques, de réseaux commerciaux, familiaux et religieux qui, à travers l'histoire, nous obligent à penser cette région comme un espace constitué d'un ensemble de centres multiples reliés par des processus de communication et d'échanges : nœud d'un espace réticulé plutôt qu'espace fini et clairement délimité. Cette approche sensible aux questions spatiales et conduite sur plusieurs échelles, permettra de produire une cartographie historique détaillée, qui reste à ce jour quasi inexistante pour cette région. Le présent projet de recherche permettra en outre d'élargir le domaine d'expertise du Centre d'études himalayennes (CEH) qui l'héberge en direction de l'Himalaya oriental et des régions tibétaines du Sichuan et du Yunnan de Chine.

 

 

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Nicolas Guilhot

Chargé de recherche CNRS

UMI3199 Center for international research in the humanities and social sciences (CIRHUS), CNRS / New York University

Section 40

 

HIPODEMA - A History of Political Decision Making in the 20th Century

Qu'est-ce qu'une décision politique? En quoi une telle décision peut-elle être dite "rationnelle"? Quels sont les critères qui permettent d'établir cette rationalité? Que veut-on dire lorsqu'on parle de "choix rationnel" en matière politique? Ce sont ces questions que le projet HIPODEMA se propose d'étudier sous un angle historique, en partant de la notion de "décision" et en suivant ses métamorphoses dans la pensée politique et les sciences sociales du 20ème siècle. Car c'est au départ dans le cadre d'une critique du rationalisme politique que vont s'affirmer des théories qui mettent la décision souveraine, inconditionnée, au coeur de la pensée politique. Chez des penseurs aussi différents que Mannheim, Schmitt ou Heller, la notion de décision va ainsi pointer les limites et les illusions propres à toute tentative de réduire la politique à un ensemble de technologies sociales ou juridiques. Pourtant, en l'espace de quelques décennies, c'est bien autour de décisions exceptionnelles, sans précédent - comme par exemple celles qui sont envisagées dans les stratégies de dissuasion nucléaire - que vont progressivement émerger de nouvelles "sciences de la décision" après 1945 - théorie des jeux, cybernétique, théorie générale des systèmes, etc. - qui vont faire de la décision ultime le lieu du "choix rationnel." Comment est-on passé d'une notion liée à la critique du rationalisme à une perspective qui en fait la principale figure de la rationalité politique? Comment s'est élaboré une notion de rationalité autour d'une figure de la souveraineté qui lui était en partie opposée? Loin d'être un élément transhistorique, ce qu'on appelle la "rationalité" en politique est l'objet d'une histoire, que l'on peut retracer notamment en suivant la façon dont la décision politique a été une question qui s'est déplacé du domaine des doctrines juridiques et politiques vers celui de la science.

Mots clés: prise de décision, choix rationnel, théorie des jeux, doctrine constitutionnelle, rationalité politique

 

 

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