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A la mémoire de Jean-Jacques Risler

21 mars 2016

Notre collègue Jean-Jacques Risler est décédé mercredi 17 février 2016 à l’âge de 75 ans. Mathématicien visionnaire, il a initié et développé autour de lui la géométrie algébrique et analytique réelle.

Jean-Jacques Risler a soutenu sa thèse en 1975 à l’Université Paris 7. D’abord recruté maître de conférences à l’Université Paris 7, il devient professeur à l’Université Paris 6 dans les années 80 ; professeur de classe exceptionnelle de 2003 à sa retraite en 2011, il était depuis professeur émérite. A certaines périodes de sa carrière, il fut aussi membre du Centre de Mathématiques de l’École Polytechnique et du Département de Mathématiques et Informatique de l’École Normale Supérieure. Il s’est vu décerner le prix "Charles Louis de Saulses de Freycinet" par l’Académie des Sciences en 1992 et fut président de la Société Mathématique de France de 1996 à 1998.

Mathématicien de renommée internationale, Jean-Jacques a été un des acteurs majeurs du développement de la géométrie algébrique et analytique réelle en France. Il a obtenu des résultats fondamentaux dans ce domaine, parmi lesquels on peut citer ses travaux sur les idéaux de variétés algébriques réelles, sur la version locale du théorème de Harnack, ou encore sur la courbure des variétés algébriques réelles. Jean-Jacques a eu une activité scientifique intense jusqu’à ses derniers jours. Tout au long de sa carrière, il a fait preuve d’une créativité admirable et d’une rare diversité dans le choix de ses thèmes de recherche. Il a ainsi apporté d’exceptionnelles contributions en géométrie sous-riemannienne, théorie du contrôle, géométrie tropicale. Il avait un goût très sûr et était très exigeant sur l’originalité de ses écrits. Une conférence internationale à Rio de Janeiro en août 2008 a rendu hommage à ses travaux scientifiques.

Jean-Jacques attachait une grande importance à la diffusion et la popularisation de ses domaines de recherches. Il est l’auteur de plusieurs livres qui restent des références incontournables pour chercheurs et étudiants.

Il était aussi violoncelliste de talent. Membre du trio Risler, il donnait régulièrement des concerts et invitait fréquemment amis et collègues à des récitals à son domicile.

D’une grande modestie, Jean-Jacques faisait preuve d’une bienveillance particulière envers ses jeunes collègues. Quand il n’était pas d’accord avec une idée ou un argument, il avait une manière inimitable de dire : "Ah mais noon !", qui enveloppait la négation de sympathie et de bonne humeur. Sa gentillesse, sa générosité et sa bonhomie ont enchanté tous ceux qui, amis ou collègues, ont croisé sa route. Jean-Jacques était doté d’un optimisme sans faille, d’une vitalité et d’une joie de vivre extraordinaires qu’il aura su garder jusqu’à la fin. Son départ laisse ses proches - famille, amis et collègues - avec une profonde tristesse, mais son importante œuvre scientifique et l’enthousiasme qu’il aura toujours su partager continueront à influencer durablement le développement des mathématiques.


Erwan Brugallé, Ilia Itenberg et Bernard Teissier.