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Interview de jeune chercheuse

19 mars 2019

Interview de Cécilia Lancien, recrutée au CNRS en octobre 2018, affectée à l’institut de mathématiques de Toulouse.

Quel est ton domaine de recherche ?

Les questions auxquelles je m’intéresse sont généralement motivées par des problèmes qui se posent en théorie quantique de l’information, une discipline au croisement entre mathématiques, physique et informatique. Le domaine des mathématiques que j’utilise essentiellement pour y répondre est connu sous le nom d’analyse géométrique asymptotique. Ce qu’on entend par cette terminologie est l’utilisation de méthodes probabilistes en théorie des espaces de Banach de dimension finie mais grande.
Plus concrètement, mes préoccupations principales peuvent se résumer de la façon suivante : quelles sont les propriétés typiquement exhibées par certains systèmes quantiques complexes (i.e. étant composés de plusieurs sous-systèmes intriqués) ? Mathématiquement, cela se traduit grosso modo par l’étude du comportement générique de certains modèles de matrices et tenseurs aléatoires.

Qu’as-tu fait avant d’entrer au CNRS ?

J’ai fait ma thèse en co-tutelle entre le département de mathématiques de l’Université Lyon 1 et le département de physique théorique de l’Universitat Autònoma de Barcelona, sous la direction de Guillaume Aubrun et Andreas Winter. Je suis ensuite partie en post-doc pendant deux ans, dans le groupe de David Peréz-García à l’Universidad Complutense de Madrid.

Pourrais-tu nous parler de mathématiciens qui t’ont marquée, influencée, ou que tu admires tout particulièrement (personnages historiques ou contemporains) ?

Les mathématicien.ne.s qui m’ont le plus marquée et influencée sont celles et ceux que j’ai eu l’occasion de côtoyer au cours de ma brève carrière, et dont j’ai admiré la façon d’aborder la recherche. Je pense en effet qu’être un.e grand.e mathématicien.ne ne se résume pas à des qualités strictement scientifiques : passion, sens de la transmission et du partage, capacité à créer des liens humains et non uniquement techniques, sont tout aussi importants de mon point de vue. L’état d’esprit de mes directeurs de thèse, par exemple, est pour moi un modèle à suivre. Je ne me lancerai pas dans une liste plus longue car je risque à coup sûr d’oublier des gens ! De fait, ce sont bien plus les personnes que j’ai rencontrées que le sujet lui-même qui m’ont décidée à poursuivre dans la voie dans laquelle je m’étais lancée.

Qu’est-ce qui t’a amenée à faire des mathématiques ?

Difficile à dire… Mes parents sont tous les deux enseignants-chercheurs en mathématiques, mais ils ne m’ont jamais poussée à suivre leurs pas ! Je pense juste qu’avoir grandi dans cet environnement-là m’a donné l’idée, que la plupart des gens n’ont même pas, que faire de la recherche en mathématiques était une voie possible. Ce qui me plaît particulièrement dans ce métier c’est son côté jamais abouti : il y a toujours plus à apprendre, plus de directions à explorer, plus de projets dans lesquels se lancer…

Pourquoi le CNRS ?

Pour les conditions de travail quasi uniques au monde qui sont offertes ! Cette confiance qui est faite aux chercheurs.euses, leur permettant de développer des projets de long terme, qui leur tiennent à cœur, sans le souci d’avoir à justifier d’un rendu concret immédiat.

Cécilia Lancien est chargée de recherche au CNRS, affectée à l’institut de mathématiques de Toulouse (IMT - CNRS, INSA Toulouse, Universités Toulouse Capitole, Toulouse Jean Jaurès & Toulouse Paul Sabatier).